Plusieurs initiatives tentent de construire un mouvement antifasciste : mouvements sociaux, CRACS, Vigilance Antifa, etc. A cela s’ajoutent des mobilisations antiracistes, ou contre les violences policières. Ces réactions sont à saluer et encourager. Elles ne suffisent pas. Depuis une trentaine d’années, le débat public, en France et ailleurs, a été organisé autour des thèmes portés par l’extrême-droite. Il s’agit de sortir de ce cadre, pas seulement de le contester. Au récit – cet ensemble cohérent de pensée et de paroles – de l’extrême-droite, il convient de construire une autre logique, un autre ordre de pensée, une autre visée. Ce que font les cafards en Inde, les flamands roses en Albanie ou ce que vient de gagner le mouvement étudiant serbe.
L’extrême-droite a installé une hégémonie idéologique.
Comment pouvons-nous, avec d’autres actrices et acteurs évidemment, l’affronter ? Comment élaborer un ensemble cohérent d’une radicalité « qui parle » à toutes et tous?
Affronter le récit d’extrême-droite
Du mouvement antifasciste à l’alternative ?
Dépasser les ripostes, ponctuelles, aussi massives soient-elles. Construire dans la durée, en s’exonérant de l’immédiateté, du buzz, pour établir une alternative, « une hégémonie » dirait Gramsci. En étant bien ancré·es dans les luttes et les mouvements dans la société.
Pierre Zarka nous propose un « inventaire » de ce qui fait la courte échelle au RN, où les échelons les plus pourris ne sont pas forcément les plus visibles… Jacqueline Madrennes (du Réseau Coopératif de Gauche Alternative) met en exergue les mots de l’alternative, leur nécessaire « branchement » aux rapports sociaux. Où ce qui ne se dit pas n’est pas reconnu… Patrick Vassallo insiste sur les visées claires d’un récit antifa porteur d’une façon de faire autrement, de droits et de coopérations. Où le flou cache le loup…
Le Réseau Coopératif de Gauche Alternative revient à partir d’un webinaire avec Vincent Tiberj sur la manipulation qu’imposent les classes dirigeantes. Où se droitise le débat public. Pierre Zarka insiste sur l’impératif d’efficacité. Où la gauche n’a pas réussi…
Les syndicalistes aussi sont concernés, Sébastien, membre de VISA le montre.
Le masculinisme, qui fait des ravages sur les réseaux sociaux, pourrait en être un exemple. Où se « mérite » un regard particulier, que jette pour nous Josiane Zarka.
N’ayons cependant pas la mémoire courte. Patrick Le Tréhondat remue ces victoires oubliées.
De quel récit le mouvement social actuel est-il le nom ? De luttes populaires en pancartes, Sylvie Larue se pose sur ce qui fait aussi récit. Ce qu’illustrent Alexandra Pichardie et baFobaC à partir des actions menées par la GenZ. Jimmy Markoum, enseignant, nous montre un récit tout autre que celui des (« grands ») médias. Et la lucidité des profs : elles et ils savent pertinemment ce qu’ils et elles ont construit ces dernières semaines. « Monsieur, vous avez vu, on met fin à l’époque contemporaine ! ». Samuel Hayat pointe ce qui est nouveau dans le récit de cette génération qui se lève. A nous d’être à la hauteur !
Deux recensions complètent ce dossier : l’une sur « Le problème à trois corps du capitalisme » de Romaric Godin, l’autre sur la pièce de théâtre « Boxeur ». On lira enfin avec intérêt le gros délicieux d’Alex Pichardie sur la série coréenne « Que ça vous serve de leçon ». Que tout ceci vous soit utile !
La rédaction

















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