Trop souvent, nous oublions nos victoires contre l’extrême droite au profit de nos défaites. Retour sur quelques moments. En 1996, un mouvement de lutte des « étrangers clandestins » selon la terminologie en cours est médiatisé par l’occupation puis l’expulsion de l’Église Saint-Bernard à Paris. A la suite de ce mouvement on ne parlera plus que de sans-papiers, un terme moins anxiogène et criminalisant que clandestin. Victoire sémantique mais qui a son importance dans les imaginaires collectifs. En 2024, les salariés/es de Bayard se mettent en grève contre la nomination de l’ancien bras droit du milliardaire conservateur Pierre-Edouard Stérin. Ils et elles refusent l’arrivée de l’extrême droite dans ce groupe d’édition. Les syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC-CSN, CGT, SNJ, SUD) contestaient également que Bayard soit repreneur de l’École supérieure de journalisme, pépinière d’extrême droite de Bolloré. Après une heure de grève des salariés/es, la direction cède et renonce à ces deux projets. « Une très belle victoire pour un très beau combat » conclut l’intersyndicale. En 2026, le recrutement comme éditorialiste à France Inter de Charles Sapin de Valeurs actuelles, hebdomadaire d’extrême droite, déclenche un fort mouvement social antifasciste à Radio France. Réunis en assemblée générale le 15 septembre, les salariés/es votent pour la grève. Après trois semaines de confit, la direction de la radio abandonne son recrutement. Pour la CGT Radio France et le SNJ-CGT « La mobilisation a payé ».
Aux victoires oubliées



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