Edito.

L’Humeur de la rédaction.

Des colères qui deviennent LA politique

Désormais toutes les colères se rejoignent : lycéen·nes, étudiant·es, enseignant·es, salarié·es de nombreuses branches ; paysan·nes, pêcheur·euses , retraité·es….Toutes et tous manifestent leur exaspération : « on ne peut plus vivre ainsi, même quand on travaille » et de brandir la dénonciation des ultra-riches et l’absence totale d’écoute de la part du pouvoir. Ils et elles appellent à la convergence des luttes pour faire force ; c’est la prise de conscience d’avoir les mêmes intérêts et les mêmes adversaires. La lutte des classes est là.

Même dans une partie de la police ça branle dans le manche :  Linda Kebab de l’Unité police déclarait : « l’État n’entretient aucun dialogue avec les gens et après il nous fait jouer le rôle de la répression ». Elle évoquait un mouvement de protestation chez certains policiers.

Toutes et tous manifestent leur refus de réponses au coup par coup. D’où des mots d’ordre de manifestation très globaux et centrés sur la mise en cohérence des demandes et des solutions.

Cela annonce de nouveaux parcours pour s’engager. Parcours qui s’additionnent et même produisent souvent des passerelles entre eux. Certain·es en sont même à parler d’une « crise systémique et pas seulement en France ». Une expression qui revient chez des Gilets Jaunes, des hospitalier·es, des paysan·nes et des jeunes. A crise systémique : réponse d’ensemble. Ce qui conduit l’Intersyndicale à commencer à faire le budget d’abord dans la rue en proposant des mesures concrètes et des moyens pour les satisfaire notamment le recours aux 211 Milliards de nos impôts qui vont pour l’essentiel au CAC 40. 

Une culture politique moins délégataire se développe. Le pouvoir représentatif est explicitement mis en cause. Des étudiant·es clament : « rien à foutre de la Présidentielle ».

Cette perte de crédibilité des pouvoirs en place et du système politique en cours se retrouve en Belgique, Italie, Espagne, Albanie, Portugal, Grèce, Serbie, Autriche ou Inde. Cela met aussi en lumière la dimension systémique de la crise. Le capitalisme apparaît de plus en plus contre l’humain et l’ensemble du vivant. Ajoutons que la jeune génération n’ayant aucune nostalgie d’une gauche en laquelle les autres générations ne croient plus, libère un potentiel de créativité politique chez des millions de personnes. 

Cela rend plus actuelle la possibilité de définir les axes d’une politique alternative. Ce qui rend méchants ceux qui nous gouvernent.

L’équipe de rédaction

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