Disons-le d’entrée : « l’hégémonie » fasciste a tant gangréné le débat public – et les pratiques – qu’on ne peut s’exonérer d’une critique précise et sans « compromis » avec des thèses reprises y compris à gauche et dans la vie courante. Non l’immigration n’est pas un problème. Oui la terre appartient à tous les humains/es. On ne résout rien par la violence, ni par le tout répressif. La fuite en avant sécuritaire c’est l’insécurité pour le plus grand nombre. Etc.
Le masculinisme, les propos et attitudes homophobes, toutes les discriminations sont à combattre avec vigueur.
A ce « front » antifa, il me semble indispensable de poser de vraies alternatives, sémantiques, revendicatives, s’appuyant sur des dynamiques émergeant de la société et du mouvement social et citoyen.
Cela suppose donc si nous voulons tenter un peu de cohérence (et pas des mobilisations parallèles et segmentées) de fixer, de proposer des visées claires.
Chaque personne compte pour UN. « Etranger », héritier de l’immigration, boiteux, « moche », « mal genré », (on peut reprendre la litanie des vomissures qui se répandent sur la toile) etc. on compte pour UN. L’égalité ne se partage pas, ne se lotit pas, ne « s’adapte » pas. Dans la planète mondialisée d’aujourd’hui, TOUT doit pouvoir circuler librement : les marchandises, l’argent, les personnes. A partir de cette visée, on peut construire des droits, des garanties, des régulations. Oser la coopération.
On peut élargir, multiplier ce type de démarche. Être frileux, se contenter du possible, il n’y a plus la place. Il ne s’agit pas de rêver. Mais de viser juste pour aboutir. Radicalement.
Patrick Vassallo



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