La crise de la mondialisation capitaliste ouvre un espace pour imaginer une autre mondialité pour et par les peuples. Comment peut-elle se construire ?
Les tentatives du mouvement ouvrier et démocratique d’internationaliser les luttes aux XIX et XXème siècles, malgré d’incontestables réussites, n’ont-t-elles pas buté sur le capital mondialisé et l’hégémonie de l’État-nation ? La solidarité internationale/soutien est-elle suffisante pour affronter le capital mondialisé ?
Pour aller vers d’autres politiques, faut-il réformer les institutions existantes (ONU), créer de nouvelles institutions transnationales et examiner si les mouvements des peuples à l’aube du 21ème siècle ne contiennent pas les germes d’une politique alternative mais aussi des limites à dépasser ?
L’équipe de Cerises était présente à l’Université des Mouvements Sociaux et de la Solidarité pour en débattre.
Faire Monde en commun
Ateliers, plénières, modules, L’UEMSS est l’occasion de nombreux échanges sur la situation internationale, les enjeux de la globalisation, et de la militarisation du monde.
Cerises a participé à l’atelier animé par Vincent Gay d’Attac intitulé Internationalisme VS Campisme. Nous reproduisons ici les interventions de Pierre Zarka, Christian Mahieux, et Bernard Dréano. Pierre Zarka dans son propos observe que les peuples marchent de plus en plus à l’unisson et invite à prendre en compte cette réalité nouvelle. Bernard Dréano président du CEDETIM apporte un éclairage historique pour analyser les positions « campistes ». C’est en affirmant une position de classe que le Réseau international syndical auquel participe Solidaires et qui permet de dépasser le point de vue « campiste », développe analyses et solidarités concrètes, Christian Mahieux nous en parle. Yoletty Braccho analyse les rapports entre le Vénézuéla de Maduro et les USA de Trump et fustige l’anti-impérialisme de façade de l’un et les manœuvres impérialistes de l’autre. Et ce sont les peuples qui trinquent, confrontés au renforcement des dynamiques autoritaires. Vous pourrez ensuite prendre connaissance d’un résumé du propos de Yoletty et des échanges qui ont suivi ces interventions.
Selon Bernard Dréano, dans plus de 60 pays dans le monde se développent des luttes qui s’inspirent des logiques d’auto-organisation du mouvement au Soudan ( 2019) ( cf. https://ceriseslacooperative.info/?s=soudan ). Ainsi Patrick Le Tréhondat fait un point sur le mouvement en Serbie. Dans sa prise de parole à la plénière d’ouverture de l’UEMSS, Katya Gristeva, jeune artiste et militante étudiante ukrainienne, plaide pour un dialogue direct entre celles et ceux qui luttent dans le monde.
Dans sa contribution pour Cerises Pierre Dardot redéfinit la façon de « faire monde », rejoint par Josiane Zarka qui invite au dépassement de l’État-nation. Makan Rafatdjou poursuit cette réflexion « La condition transnationale des humains c’est la maîtrise en commun du devenir planétaire comme de leur propre et inévitable devenir en commun ».
Selon Alain Lacombe pour affronter le capital mondialisé en crise, la solidarité internationale n’est pas suffisante, le mouvement ouvrier et démocratique doit imaginer une autre mondialité, pour et par les peuples, remettant en cause le pouvoir des ultra-riches.
Aussi Catherine Destom-Bottin est attentive à ce qui se passe du côté des BRICS, considérant qu’il y a là une volonté des États du Sud d’échapper à la tutelle des États-Unis et du dollar.
Le sujet ( et les débats…) est loin d’être épuisé. En attendant d’autres prolongements, bonne lecture.
La rédaction













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