Pour 2027, menons la bataille culturelle.
Que lisons-nous dans les journaux ce 16 juillet : “sans changement de politique, le déficit public atteindra 6,8% du PIB et la dette 130% en 2030 selon un rapport d’économistes missionnés par Bercy. Quelque 126 milliards d’euros d’efforts budgétaires seront nécessaires d’ici 2032, à entreprendre impérativement dès 2027 pour stabiliser la dette publique française“.
Chaque été, la même rengaine : rapports alarmistes, chantage à la dette brandie comme un épouvantail, et préparation de l’opinion à de nouveaux « efforts ». Derrière cette dramatisation, une constante : imposer l’idée qu’il n’y aurait pas d’alternative, ressuscitant le « There is no alternative » de Thatcher. Ce serait donc soit un budget injuste et la fin de l’Etat social, soit la faillite. Les gilets jaunes et le mouvement social contre l’austérité de septembre 2025 devraient pourtant sonner comme un avertissement démocratique très clair. Car, ce discours ne tient pas. Le bilan social du macronisme est marqué par une hausse des inégalités et de la pauvreté. [hyperlien https://www.alternatives-economiques.fr/pauvrete-et-inegalites-record-le-bilan-social-de-macron-vire-au-rouge-vif]
Dans le même temps, 207 milliards d’euros de cadeaux fiscaux ont été accordés depuis 2017 aux plus riches et aux grandes entreprises, soit près d’un quart de la hausse de la dette [hyperlien https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/action-attac-denonce-la-dette-de-l-injustice-fiscale-207-milliards-d-euros-de].
À cela s’ajoutent plus de 200 milliards d’aides publiques annuelles aux entreprises, dont les multinationales (qui polluent, délocalisent et pratiquent l’évasion fiscale) profitent largement [hyperlien https://france.attac.org/se-mobiliser/desarmons-les-multinationales/], et ce sans évaluation [hyperlien Rapport du Haut-Commissariat à la stratégie et au plan : les aides publiques aux entreprises coûtent un pognon de dingue – Attac France].
Le problème n’est pas un excès de dépenses, mais un manque de recettes organisé. Contrairement au récit dominant, l’État n’est pas un ménage : il refinance sa dette et dispose d’un patrimoine net positif. Nous sommes loin d’une situation de faillite [hyperlien https://france.attac.org/se-mobiliser/un-autre-budget-est-vital/article/un-autre-budget-est-vital-l-argumentaire-d-attac]. Le véritable choix est donc clair : poursuivre l’austérité contre la population ou aller chercher l’argent là où il est.
Les « 126 milliards d’efforts » ne doivent pas être imposés à celles et ceux qui subissent déjà l’inflation, la dégradation des services publics et le recul des droits sociaux. Ils doivent être pris sur les ultrariches et les multinationales, dont les profits explosent et qui sont aussi au cœur de la crise écologique [hyperlien https://france.attac.org/se-mobiliser/criminels-climatiques/].
L’article du 16 juillet postule qu’un changement de politique est nécessaire. Effectivement, mais cela doit être celui de la bifurcation écologique et sociale (portée par Attac avec l’AES depuis 2020 suite à la crise du Covid [hyperlien https://alliance-ecologique-sociale.org]) qui place la satisfaction des besoins vitaux au cœur de l’action publique.
Et en 2027, nous avons du pain sur la planche. Avec des médias dominants à la solde du Capital et de l’extrême droite, nous allons devoir batailler fort pour debunker les mensonges pendant le Budget, mais aussi pendant la présidentielle. Car la réponse ne pourra pas être uniquement institutionnelle. Elle sera aussi sociale et culturelle. La question du partage des richesses progresse fortement dans l’opinion, comme l’ont montré les débats récents sur la taxation des plus riches et des multinationales [hyperlien https://france.attac.org/se-mobiliser/un-autre-budget-est-vital/article/de-la-proposition-d-attac-a-la-loi-la-taxation-unitaire-des-multinationales], c’est un levier dont il ne faudra pas se priver.
Attac portera un pacte de justice fiscale capable de rapporter au moins 60 milliards par an pendant la séquence budgétaire et présidentielle. L’association fera également campagne commune en 2027 avec d’autres organisations du mouvement social pour repousser l’extrême droite et imposer nos thèmes pour un avenir désirable et soutenable.


A lire également
Au sujet de quelques tendances actuelles du capitalisme
Le rendez-vous à ne pas manquer
NOUVEAU MONDE? NOUVEAUX DÉFIS en trois temps