Pour Yoletty Braccho le campisme c’est une vision réductrice des rapports internationaux. Au Venezuela il y a un forte menace impérialiste, des forces militaires américaines se positionnent près des côtes du Venezuela sous prétexte de contrôle du trafic de drogues, mais Maduro pratique un anti-impérialisme de façade. Il a cédé des droits d’exploitation des réserves pétrolières à une entreprise américaine. On assiste à un renforcement des dynamiques autoritaires.
La crise économique au Venezuela liée aux contraintes imposées par les USA, pèse sur le peuple vénézuélien, et des manifestations populaires se sont déroulées suite aux résultats de l’élection présidentielle volée par Maduro qui réprime les classes populaires qui ont été favorables au chavisme.
Il y a une instrumentalisation de la menace impérialiste.
Verveine (Solidaires) remarque que des régimes s’affichent en solidarité avec la Palestine mais concrètement ce n’est pas ça. Ainsi la révolution syrienne contre Bachar qui était un soutien de la Palestine.
Germain (FSU, IPAM) est passionné par ce qui s’est passé en Amérique Latine, et propose de faire un bilan. Il poursuit : « Il n’y a plus de camp aujourd’hui. Et il n’y aura pas de révolution s’il y a attente d’un chef ». Et d’inviter à faire des lien entre diaspora russe et diaspora ukrainienne.
Linda (Solidaires) s’interroge. Doit-on hiérarchiser les impérialismes ? L’identification au peuple palestinien, c’est aussi l’identification aux processus de colonisation. Il y a 2 générations internationalistes. Reprenons la formulation du colonialisme, articulons avec les questions de genre et de classe. Amplifions les dynamiques internationalistes.
Jean Claude Mamet (Syndicollectif) pense nécessaire de débattre des questions d’armement. Ne doit-on pas penser une force d’interposition en Ukraine ? Le concept de Paix brouille le problème du campisme.
Pour Sharon Weill les luttes doivent avoir la possibilité d’une visée alternative, il faut arrêter les violences en créant des liens avec les organisations israéliennes de paix.
Stefan Bekier revient sur 68 en Pologne. Le 23 août Castro, pour nous c’est la douche froide. Pour nous l’opposition démocratique en Pologne, lors d’un meeting de 5000 personnes, on a été traités d’opposants au camp progressiste. Le PCF avait relayé la propagande : les soulèvements œuvre de l’impérialisme, propagande du Kremlin…
Olga est russe. Pour elle la question de la diaspora est importante. Elle se sent abandonnée par la gauche. Même si c’est compliqué, elle a organisé des rencontres avec des camarades ukrainiens, à l’occasion desquelles il a été décidé d’écrire aux prisonniers russes et ukrainiens.
Vincent Gay (Attac) a participé au festival les Résistantes, où le collectif Guerre à la guerre prône un antimilitarisme radical. Il n’y a pas de consensus dans ce mouvement sur l’Ukraine. C’est plus facile de soutenir la Palestine puisqu’ils n’ont pas d’Etat, et ils ne parlent pas de colonialisme à propos de l’Ukraine.
Sonia (UJPF) considère qu’il est important de créer des liens avec des groupes israéliens, mais la position sur le colonialisme n’est pas claire pour de nombreux groupes. La société juive américaine a beaucoup évolué.
Anne rappelle les évènements de 81 avec Solidarnosc. Les peuples qui sortaient de la domination soviétique pouvaient avoir envie du soutien américain et de l’OTAN. Aujourd’hui des sujets transversaux permettent de dépasser les contradictions.
Camarade guadeloupéen
Ma boussole ce sont les droits de l’homme, les rapports Nord/Sud. Sur la Palestine, la colonisation est reconnue, mais sur l’Ukraine les représentations c’est plutôt : Poutine a raison, l’OTAN est responsable.
Pour Yoletty, la Paix implique la démocratie. Que deviennent les gauches qui gouvernent ? Il y a eu échec des expériences latino-américaines. Mais la solution ce n’est pas seulement la solidarité par en bas. On a besoin d’une gauche qui veut gouverner. En Bolivie il n’y a que deux solutions de droite aux prochaines élections.
Bertrand ressent le besoin de formation et d’informations. Les thèmes se développent dans le monde entier, les mouvements parlant des droits sociaux, économiques, le mouvement féministe est très important. En Russie les mouvements anti-guerre ce sont les mouvements féministes. Le monde est chez nous.
Pierre pense que nous avons besoin de désétatiser nos réflexions. Les Peuples sont de toutes façons solidaires les uns des autres. Quand un peuple est touché, les autres le sont aussi. Y compris cela fonction dans le sens positif : le phénomène d’Occupation des places s’est internationalisé. Assumons le rapport de classe.



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