Horizons d'émancipations.

Une série de dossiers. pour mieux (se) comprendre.

Alternative, de quoi avons-nous besoin ?

Pourquoi malgré la contestation souvent majoritaire des politiques en cours, les mouvements ouvrier et citoyen ne parviennent-ils pas à les infléchir et à obtenir des victoires structurelles ?
Pourquoi, malgré des victoires partielles, ne peuvent-ils pas empêcher la détérioration de l’existant ?

Telles sont les questions auxquelles les participants ont tenté de répondre au cours des journées de travail des 8 et 9 novembre organisées par Cerises à Paris.

Déconstruire des certitudes ?

Pour aider à répondre à ces questions quelques pistes ont été proposées qui amènent à déconstruire des certitudes acquises :

  • Le mouvement progressiste ne continue-t-il pas à entretenir l’illusion d’un capitalisme « aménageable » comme il le fut en partie au cours du XXème siècle dans le cadre du « compromis fordien » ? Si le compromis n’est plus possible, ne faut-il pas affronter directement les logiques du capital ?
  • Dans la confrontation avec le capital, ne souffrons-nous pas d’un déficit de projet de société alternatif. Projet, récit, visée, imaginaire, utopie concrète, de quoi avons-nous besoin ?
  • Ne confond-on pas Etat – nation – peuple ? Le mouvement progressiste ne s’est-il pas coulé dans le moule de l’Etat ? ne persiste-il pas à se tourner vers lui pour obtenir satisfaction et attendre les solutions politiques au détriment de l’auto-organisation du mouvement populaire ?

Enfin, les débats ont pu s’appuyer notamment sur les travaux de Cerises n° 68 qui analysaient les profondes mutations du capitalisme en cours, caractérisées sommairement par l’exacerbation de rivalités entre états-nations pour la domination du monde et l’accès aux ressources stratégiques, le pillage des fonds publics, la destruction de l’État social, les dérives autoritaires, la relance du néocolonialisme et des guerres impérialistes.

Pierre Zarka : Le syndicalisme et la gauche devraient s’interroger si désormais l’absence de compromis possible n’induit pas que la lutte pour les revendications et la mise en cause du capitalisme vont de pair.

Olivier Frachon pense qu’il manque à la gauche de transformation la proposition d’un avenir désirable, la pensée d’un monde où les rapports humains soient fondés sur autre chose que la concurrence, la compétition et les rapports de force.

Aurélien Bourdon[1] appelle à sortir du « récit de la défaite ». Il s’interroge si poser la question : « pourquoi on ne gagne pas », ce n’est pas faire en partie l’impasse sur les victoires obtenues ?

Innovation réelle ou sirènes de l’utopie ? Alexandra Pichardie scrute ce que la littérature nous dit du récit et ce que porte la GEN Z.

Josiane Zarka s’interroge si les mouvements syndical et progressiste ne devraient pas se battre aussi sur le terrain de leur conception de la société pour être davantage à armes égales avec le capital ?

Pierre Dardot pense que si Miléi a gagné en Argentine, c’est surtout parce que le « bloc traditionnel péroniste » n’a pas proposé de récit alternatif. Un nouveau récit « des forces de la terre » émerge, rassemblant les mobilisations féministes, celles de l’économie populaire et des mouvements contre l’extractivisme.

Pour Makan Rafadjou l’Etat et ses logiques imprègnent toute la société et nous rendent « Etat-dépendants » freinant les transformations nécessaires.  Les mouvements de résistance, porteurs d’espoir, ne suffisent pas. Il manque une visée rendue lisible par un récit mettant en mot les multiples cohérences d’un projet.

Alain Lacombe pense qu’une des solutions envisagées par le capital pour répondre à sa crise systémique est la guerre. Ainsi les luttes pour la paix dans le monde et l’alternative au capitalisme sont indissociables.

La rédaction

[1]  Secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires

Les mouvements féministes n’ouvrent-ils pas une voie dont pourraient s’inspirer toutes les luttes ? Un imaginaire puissant, une exigence d’égalité tout de suite, et non renvoyée à plus tard, et la prise en charge par les femmes elles-mêmes de leur émancipation. Le dossier est illustré de photos, et affiches des luttes féministes.

Les articles de ce dossier :

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