Horizons d'émancipations.

Une série de dossiers. pour mieux (se) comprendre.

Une page à tourner

Une majorité de gens sont contre la réforme des retraites et pour « taxer les riches », mais nous ne gagnons pas. Pourquoi ?

 Les partis de gauche mais aussi le syndicalisme ne porteraient-ils pas une part de responsabilité ? Le mouvement syndical, ne voulant plus, à juste titre, être la « courroie de transmission » des partis, a « jeté le bébé avec l’eau du bain » et s’est éloigné du terrain politique. Alors qu’il a été, au nom de « la double tâche » un puissant vecteur de politisation du monde du travail au cours du 20ème siècle (CFDT comprise). Le syndicalisme ne contribue-t-il pas aujourd’hui, sans le vouloir, à freiner l’émergence d’une conscience de classe et d’un rapport de force en faveur au salariat ?

Alors que le mouvement ouvrier se bat sur le terrain revendicatif, pour plus de justice sociale et fiscale, le capital ferraille sur le terrain politique et idéologique : « Le social contre l’avenir du pays et les entrepreneurs » (coût du social, les parasites, la dette). Il argumente sur sa conception de la société alors que les salariés sont au guichet des réclamations. La déclaration de Bayrou est significative : « Les boomeurs égoïstes ne pensent qu’au montant de leur retraite, alors que l’avenir des jeunes et de la société exigent moins de dépenses ».  Alors que les gens veulent majoritairement « taxer les riches », beaucoup sont, en l’absence de tout propos alternatif, sous la pression du narratif dominant et pensent que notre modèle social n’est plus viable. Ce déséquilibre tend à les mettre en état de « schizophrénie » politique et à les démobiliser.

Le mouvement progressiste dans son ensemble ne devrait-il pas se battre aussi sur le terrain de sa conception de la société pour être davantage à armes égales avec le capital ?

Les luttes et revendications devraient mettre directement en cause le capital. A quand des actions de masse sur le thème : « Les 270 milliards pris sur nos impôts doivent financer les besoins du pays pas du ceux du CAC 40 » ?

Les revendications de justice sociale et fiscale devraient être reconnectées au projet pour « refaire société » :  C’est le travail qui produit la richesse, pas les actionnaires.  Cette richesse doit permettre à tous de trouver leur place dans la société, sinon à quoi bon faire société ?  (Question sous-jacente du comportement des jeunes qui se mettent en marge). L’argent du travail et des impôts devrait être investi dans les services publics et dans la transition écologique ainsi que dans la réorganisation de l’économie en fonction des besoins réels.

Ne prenons pas de retard !   Le « rapport de force » recommence à bouger. Avec la redécouverte majoritaire de l’antagonisme de classe, les citoyens commencent à viser le capital et ses soutiens et à s’interroger sur des solutions potentiellement transformatrices ;

Les Syndicats et l’ensemble des forces de Gauche sont loin d’avoir exploré tous leurs possibles et ils sont interpellés.

Josiane Zarka

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Horizons d'émancipation

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