Horizons d'émancipations.

Une série de dossiers. pour mieux (se) comprendre.

La guerre comme solution ?

A été évoquée la financiarisation capitaliste. Cette financiarisation intervient parce qu’il y a échange, circulation renouvelée, d’argent contre marchandises, produisant une plus-value capitaliste. Marx précise : « que la marchandise soit mise de côté et l’argent ne devient pas capital. » Sans sa production industrielle, l’activité bancaire de Peugeot n’existerait pas.

La plus-value capitaliste ne produit pas de valeur d’usage, seul le travail augmente la valeur réelle de la marchandise (valeur ajoutée).

Mais le capitalisme financiarisé est aussi mondialisé. Et si la France s’est désindustrialisée sous l’effet notamment des délocalisations, les biens manufacturés fabriqués ailleurs y circulent massivement ; le mercantilisme nourrie la circulation financière.

L’objet de la politique de l’offre, c’est bien de décider de produire des biens et des services pour alimenter cette circulation de l’argent et produire de la plus-value capitaliste ; par le commerce et la captation de la partie de la valeur ajoutée qui ne rémunère pas le travail ou la redistribution. Cette captation résulte du versement de dividendes aux actionnaires et de la valorisation de l’entreprise notamment de sa valeur boursière.

Ce faisant l’objet de la production n’est plus de répondre aux besoins de la population, de la société mais de produire du capital.

Je me souviens de l’interview d’une étudiante de HEC ravie « d’apprendre à vendre aux gens des choses dont ils n’ont pas besoin. »

Cette circulation Argent/marchandises s’organise à l’échelle mondiale, traversant les différents impérialismes qui sont à la fois concurrents et inter dépendants.

C’est pour cela que le boycott de la Russie est bien difficile à mettre en œuvre (Trump vient d’autoriser la Hongrie à acheter du gaz Russe). Qu’adviendrait-il si l’Europe décidait de boycotter la Chine ? Probablement qu’il faudrait fermer l’essentiel de nos centres commerciaux et même des usines etc. quant à l’innovation…

Cette contradiction entre une concurrence qui se veut impitoyable et une intégration économique mondiale fait que nous vivons dans un monde de plus en plus dangereux.

D’autant plus qu’au stade où il en est, le capitalisme connaît une crise systémique dont on ne voit pas l’issue.

Déclarer que le capitalisme est en crise ne veut pas dire qu’il va tomber tout seul car il trouve des réponses de plus en plus dures qui aggravent encore son incapacité à résoudre les grands problèmes sociaux et environnementaux auxquels nous sommes confrontés.

Des réponses qui sont autant de fuites en avant vers plus d’inégalités, plus d’autoritarisme.

Une des réponse est le recours à ce que Pierre Zarka appelait du Capitalisme d’état : avec notamment les 270 milliards d’aide de l’état qui leur ont permis de compenser la baisse tendancielle du taux de profit et même de multiplier leur fortune. Avec à l’autre bout 600 000 personnes de plus vivant sous le seuil de pauvreté en 2024.

Autre réponse : le keynésianisme de guerre. La tension internationale notamment avec la guerre en Ukraine sert d’argument pour développer l’industrie de l’armement et ainsi tenter de relancer l’économie.

Les cours officiels d’économie politique enseignent qu’une des solutions à une crise systémique du capitalisme est la guerre.

C’est sans doute ce qui, selon Le Monde, a amené Trump à imposer à l’Ukraine la création d’un fonds d’investissement et de reconstruction qui devra veiller aux projets d’exploitation des minerais etc.

Les luttes pour la paix dans le monde et l’alternative au capitalisme sont indissociables.

Alain Lacombe

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