Le graff des sciences, Rio
Culture scientifique attaquée, recherche sous financée, recherche publique affaiblie, tous les ingrédients de reculs fondamentaux sont réunis.
Pourtant nous avons besoin des sciences pour mieux comprendre la réalité.
Fabrique des sciences, rapports à la société, en quoi, comment et à quelles conditions les sciences peuvent-elles être un outil d’émancipation ?
Rationnalité vs fatalisme
Le trumpisme massacre à la hache les outils scientifiques américains, supprime les financements des institutions de recherche, coupe les vivres à l’OMS, et développe une idéologie qui nie les apports des sciences, valorise le climatoscepticisme et renvoie au wokisme toute culture scientifique. Au delà, l’enjeu c’est la rationalité et les questionnements qui en découlent contre l’esprit de fatalisme.
En France, le CNRS est mis à mal, la recherche sous financée et la recherche publique, que ce soit en sciences sociales ou en pharmacie, affaiblie ou cédée au privé (donc marchandisée). Dans plusieurs pays d’Afrique, les autorités n’ont que faire des prescriptions des médecins ou chercheur·euse·s en matière d’épidémies, de soins, de prévention des risques.
La question du rapport aux sciences ou de la fabrique des sciences est donc posée. Derrière se émerge la question de la rationalité à travers laquelle on perçoit la réalité.
Si on peut considérer que « la science » ne donne pas de réponse magique ou positionuniverselle incontestable, de nombreuses questions posent le rapport des sciences à la société, à la population. Santé au travail, réchauffement climatique, dégradation du vivant … là aussi la fausse nouvelle, le post buzz se substitue parfois à une vraie information scientifique, disputée et vérifiée.
Ce dossier examine la façon dont les sciences sont fabriquées. Comment cela influence ou pas les résultats de la recherche tout autant que son appropriation dans et par la société ?
Pour Stéphane Sahuc, réserver des lieux dont la fonction est de produire des connaissances susceptibles d’être discutées, contestées, améliorées est essentiel.
Dans la même veine, pour sortir de notre sentiment d’impuissance, Pierre Zarka affirme que nous avons besoin de faire des liens de causalité grace aux sciences, et que l’effort de vulgarisation doit être plus important.
Appropriation citoyenne de la démarche scientifique, indépendance financière absolue, contrôle des finalités, Lou Ursini-Charveriat pose les conditions nécessaires selon elle d’une démarche scientifique comme outil d’émancipation démocratique.
Pour Makan Rafatdjou « une culture scientifique partagée, une production en partage de nouveaux savoirs, conditionnent l’autonomie individuelle, l’intelligence collective et l’indispensable maîtrise démocratique ».
Ces premières contributions en appellent d’autres. Cerises prolongera la réflexion sur ces enjeux fondamentaux d’une culture scientifique citoyenne. D’ici là passez un bel été !
L’équipe de rédaction






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