Les observations faites par Cerises à propos du mouvement en cours semblent montrer qu’au-delà de la diversité des participant·e·s et des formes d’action, nous sommes face à une véritable dynamique politique en formation. Le grand patronat ne s’y trompe pas qui est contraint de rentrer dans l’arène. Mais l’essai doit être transformé. Comment le mouvement parvient-il à élaborer et à mettre en œuvre les transformations souhaitables ?
Comme le dit Simon Duteil, ex-porte-parole de Solidaires dans Cerises-la coopérative : « Un mouvement social…c’est une construction, un peu comme des Lego ; pour créer une dynamique il faut convaincre, entraîner, additionner, élargir. ».
Cerises souhaite prendre sa part dans cette construction notamment en contribuant à alimenter les débats sur les grands enjeux du moment :
L’épée de Damoclès de la dette publique : mythe ou réalité ?
Impôts : Comment rétablir la justice fiscale et le service de l’intérêt général ?
Comment faire pour que la richesse produite par le travail et nos impôts soit investie dans les besoins réels, les services publics, la transition écologique et la réorganisation de l’économie ?
Comment les citoyens peuvent-ils devenir autonomes en politique ?
Une dynamique à conforter
Pierre Zarka invite à réfléchir sur la distinction, pour lui artificielle, entre mouvement social et politique. Il expose comment selon lui, en partant des caractéristiques nouvelles du mouvement, il est possible de dépasser ses limites actuelles pour aller vers les transformations souhaitables.
Aurélien Bourdon propose de dépasser la crainte d’une partie du mouvement social de trop se mêler de politique. Il propose au contraire de faire de la politique, mais par en bas : sous le contrôle des travailleurs et travailleuses et surtout avec eux.
Simon Duteil pense qu’une des limites principales du mouvement des retraites de 2023 était la faiblesse de l’auto-organisation. Il propose d’y réfléchir pour aller de l’avant, redynamiser et réinventer l’auto-organisation en lien avec les réalités actuelles du salariat.
Raphael Pradeau porte-parole d’ATTAC considère que l’épée de Damoclès de la dette publique est un mythe. Il répond à trois questions posées par Cerises.
Pour Sandra Demarcq s’interroger sur l’impôt, c’est se demander à quoi il sert, qui paie quoi et comment nous décidons et contrôlons ? C’est, en un mot, s’interroger sur la société que nous voulons et que nous portons.
« C’est à nous d’écrire le budget ». Sylvie Larue raconte comment L’AG « Bloquons tout » d’Ille et Vilaine a validé le principe de démocratie directe. Concrètement pour le budget de l’éducation il s’agit de partir des besoins pour définir l’enveloppe nécessaire dans chaque école, chaque collège, chaque lycée, et de faire remonter à l’échelle des départements, des régions et à l’échelle nationale.
Françoise Nay présente Le Tour de France pour la Santé, un espace unitaire qui réunit syndicats, associations, usagers-es, mutuelles, forces politiques pour défendre et développer la Sécurité Sociale comme choix de société solidaire, égalitaire et émancipateur.
Bernard Friot montre que si la sécurité sociale a pu réaliser tant d’avancées, c’est que ses principes participent d’une dynamique communiste de sortie du capitalisme et d’une maîtrise citoyenne. Mais la mise en échec partielle de ces acquis suppose d’envisager de manière nouvelle la généralisation de la sécurité sociale à d’autres domaines (alimentation, logement…). Cette actualisation fera l’objet d’un prochain article dans Cerises.
L’équipe de rédaction










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