En juin dernier, lors de l’assassinat de Melissa Hortman, élue démocrate à la Chambre des représentants, et de son mari, un silence assourdissant avait saisi la Maison-Blanche, ponctué de regrets furtifs. L’assassinat de Charlie Kirk, le leader de l’organisation de jeunesse d’extrême droite Turning Point USA, le 10 septembre dernier, a au contraire déclenché la fureur trumpiste qui s’est abattue sur les États-Unis, sous forme de prétexte pour accélérer la mise au pas du pays. « Nous devons faire taire ces militant·es de gauche lunatiques. Une fois pour toutes. La gauche est une menace pour la sécurité nationale » devait alors déclarer le président. Pour Dan La Botz, militant de gauche américain, « Nous, socialistes, avons toujours rejeté les actes de terrorisme individuels, tels que les assassinats. Premièrement, les mouvements réactionnaires ne sont pas susceptibles d’être arrêtés par le meurtre d’une seule personne. Au contraire, le meurtre d’un leader charismatique et populaire comme Kirk va créer un martyr autour duquel les gens de droite s’organiseront. »
Une des premières victimes de la virulente campagne déclenchée par les trumpistes a été la liberté de la presse. Des journaux sont poursuivis devant la justice, y compris le vénérable Wall Street Journal. De populaires présentateurs de télévision, s’étant permis quelques blagues sur Trump, sont licenciés. Trump suggère désormais que tout média audiovisuel qui le critique devrait perdre sa licence. « Nous, à gauche, sommes en danger. Plusieurs personnalités de droite appellent désormais à la guerre civile. Nous devrons être vigilant·es et nous organiser pour défendre nos organisations et nos droits » s’alarme Dan La Botz. Cependant tant à l’échelle internationale qu’aux États-Unis, la résistance peine à s’organiser.
Patrick Le Tréhondat


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