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Marx Narodnik, les populistes russes, le communisme et l’avenir de la révolution

Deux générations de marxistes ravivent un pan fondamental et tardif de l’œuvre marxienne longtemps occulté. Le « dernier Marx » est constitué d’un ensemble considérable, non publié de son vivant, d’écrits de nature et statut variés convergent sur deux points majeurs : le caractère écologiquement catastrophique et antagonique à la vie du capitalisme industriel, et une remise en cause radicale de l’évolutionnisme et du finalisme historiques. Lectures et contacts élargis et analyses détaillées mènent Marx à un matérialisme dialectique abandonnant l’eurocentrisme et une vision linéaire du progrès. Sa rencontre avec les narodniki, les populistes russes défenseurs de la commune rurale et de la paysannerie traditionnelle dans leur lutte contre le pouvoir tsariste, est une part déterminante de ce cheminement. L’oubli, la minimisation, voire le déni, de beaucoup de marxistes, à commencer par Engels lui-même et les bolcheviques, seront source des dogmatiques « lois de l’histoire » faites d’étapes inéluctables aboutissant à des pratiques désastreuses et à la fermeture de l’horizon post capitaliste. Ce tournant marxien, plus qu’un enjeu historique, ouvre de nouvelles perspectives face aux défis contemporains : le refus de prendre les dimensions techniques et économiques comme principaux moteurs du développement des sociétés, et l’ouverture du monde à réinventer par un nouvel imaginaire capable de mobiliser et régénérer des éléments de notre passé obérés et minorés mais non dépassés et toujours fertiles.

Makan Rafatdjou

Marx Narodnik, les populistes russes, le communisme et l’avenir de la révolution, Michael Löwy et Paul Guillibert, 2025, Editions l’Échappée, 120 pages, 16 euros

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