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Ce que nous sacrifions à la richesse

Des fondements essentiels de notre société reposent sur du travail gratuit non reconnu, des activités à but non lucratif très utiles aussi à l’économie capitaliste qui en tire une part significative de ses marges de profits de leur externalisation. Cette enquête minutieuse veut cerner l’activité contributive : ni du temps libre, ni des loisirs, ni même une économie contributive comme l’ESS, tiers-secteur tentant de réconcilier économie, justice et intérêt, entre libéralisme et socialisme, sous des formes variées (coopératives, mutuelles, fondations, associations, SARL et SAS). Informelle, individuelle ou associative elle repose sur le bénévolat et volontariat en dehors du marché ! En prenant en compte tous les secteurs concernés en France le temps moyen consacré à ces activités est estimé à 3j/semaine/personne !! Soit l’équivalent de 87% du temps passé au travail, et une dette sociale colossale évalué à 1500 milliards d’euros !!! Marx avait bien vu combien la production est organique et produite globalement par l’ensemble du corps social alors que le profit monétaire généré est capté par une minorité possédante. Le mérite du livre c’est la visibilisation du champ immense et varié des activités concernées (même si le temps militant est oublié ! ). Mais si cette quantification n’est pas une étape vers la reconnaissance de la portée des modes et fins de ces activités comme constitutives d’une alternative sociale, sociétale, économique et politique alors le risque est grand de leur absorption dans l’économie étatico-marchande.

Makan Rafatdjou

Ce que nous sacrifions à la richesse, L’activité contributive, Carole Lipsyc, Editions MIKRÓS, 372 p., 13,90€.

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