Les Peuples Veulent : un réseau transfrontalier s’attachant à construire des pouvoirs populaires, sur 46 pays ayant connu plus de 70 révoltes et soulèvements en ce début de siècle. Une soixantaine d’auteurs des cinq continents ont rédigé ce manifeste, non pas pour proposer un modèle mais une méthode vers de nouvelles voies à défricher comme autant d’expérimentations chemin faisant car « seuls les peuples sauvent les peuples ». Ces écrits de souffrances et du courage de la lucidité visent à ce que toute lutte, quel qu’en soit l’issu, nourrisse une “mémoire du futur” contre notre propre faiblesse de croire “nous ne pouvons rien sans participer aux jeux des puissants“. Pour “reconstruire un monde fait d’une multitude de mondes” il faut une organisation qui soit “une concentration d’énergie et de ressources et un ensemble de liens capables d’impulser une force collective“, une disposition au bouleversement qui invite à “faire des plans, mais les dessiner au crayon” et non les graver dans le marbre, et initier un mouvement qui “gagne en puissance s’il écoute, explore, relie les différents foyers de lutte qui défient le statu quo“. “Le temps de la révolution c’est maintenant” car “la révolution est une aspiration inextinguible à la dignité, la recherche permanente, depuis plusieurs millénaires, de comment l’incarner sur terre“. C’est un appel à bâtir une culture et une force révolutionnaire transnationales, des lieux d’accueil et de rencontres pour extraire ensemble le possible de l’improbable. Avis aux intéressé-e-s.
Makan Rafatdjou
Les Peuples Veulent : Révolutions de notre temps, Manifeste internationaliste, Zones, 120 p., 15,50 €.


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