La Grèce sous les feux de Petros Markaris.
Les enquêtes menées par un commissaire Charitos très quelconque qui piétine, qui galère. Souvent confronté à un crime lié à la punition d’anciens qui ont combattu le fascisme des colonels puis devenus politiques et affairistes se sont copieusement servis. Ils sont considérés comme source de la crise profonde que connaît la Grèce. Charitos traverse impuissant des rues bloquées par des manifestations de colère ce qui le conduit parfois à comprendre l’assassin qui « punit » traîtres et profiteurs. A certains moments, l’assassin a un petit air de Zorro. A travers ses récits Markaris nous fait voir « ses Grèce » : La Grèce de ceux qui sont dépassés par les évènements mais n’en peuvent plus : celle de ceux dont la colère explose, La Grèce de celles – comme sa fille – qui sont tenté/es par l’exil mais finalement y renoncent pour se battre.
Petros Markaris n’est certes pas le seul dont les polars servent d’accueil à la politique mais il pousse loin ce phénomène. Il ne sombre jamais dans le discours mais là, la dénonciation politique n’est pas qu’une toile de fond : elle est au cœur de l’intrigue et des conditions de son déroulement. Elle en est même la clé.
Pierre Zarka
Pain, Éducation, Liberté, Petros Markaris, Éditions Cambourakis, Avril 2025, 227 p., 12 €.
Le Justicier d’Athènes Petros Markaris, Éditions Cambourakis, Avril 2024, 352 p., 12,5 €.


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