Canicule : l’Etat et les multinationales nous étouffent
Saison après saison nous subissons, toujours plus fragiles, les affres des catastrophes naturelles… qui ont des causes humaines bien identifiées.
Année après année, nous assistons, au sein de sociétés et territoires toujours plus vulnérables, au tragique défaut de préparation et d’anticipation… qui a des responsables bien identifiés.
Devant l’absence manifeste de toute volonté politique de changement de cap radical, n’est-il pas grand temps que nos souffrances et colères se traduisent par des mobilisations nous rendant maîtres de notre destin pour donner une chance à un futur vivable, accueillant et amène ?
Futur immédiat : de l’inaction aux mobilisations climatiques
La “normalité catastrophique” à laquelle nous sommes confrontés est annoncée depuis longtemps. Le dérèglement climatique et ses conséquences (canicules, sécheresses, incendies, extinction de la biodiversité, tempêtes, précipitations diluviennes, inondations…) ne sont pas des calamités, mais des phénomènes connus, étudiés, documentés et en rien inéluctables.
Les Etats, leurs choix économiques, dénis idéologiques et décisions politiques, sont les véritables responsables de l’accumulation des retards climatiques. Ils sont devenus les garants des logiques néolibérales, productivistes et extractives, et les complices serviles des multinationales et les ultrariches, ce 1% de prédateurs accumulant 50% de la richesse mondiale et cumulant plus de 50% de l’empreinte écologique planétaire !
Nous sauver et sauver le futur nous obligent à des mobilisations populaires, citoyennes, associatives, syndicales et politiques à un niveau permettant de mettre en œuvre tous les changements de cap devenus vitaux.
Benoit Martin alerte sur les relativismes et scepticismes qui guettent, souligne la violence faite aux populations et l’impératif d’une planification écologique impliquant un Etat stratège et des services publics renforcés face à un dérèglement durable. A travers l’exemple de l’école, Laurie Fontaine met l’enjeu écologique au cœur d’un syndicalisme de transformation sociale et en fait un prisme global pour décliner ses actions (équipements sportifs, bâtiments, alimentation, contenus pédagogique et actions scolaires).
Christian Mahieux dénonce la responsabilité globale du patronat dans le réchauffement climatique, et souligne leurs obligations à assurer la qualité et la sécurité des lieux de travail, et l’adaptation des horaires, rythmes et conditions de travail pour le bien-être et la santé des salariés. Patrick Le Tréhondat relate l’expérience des enseignants de Chicago, se mobilisant avec l’aide des associations écologistes et communautaires de la ville autour des objectifs articulant la lutte contre la crise
climatique et le racisme environnemental pour améliorer les bâtiments scolaires et offrir des emplois verts aux habitants.
François Longerinas et Sonia Pignot dénoncent l’écart entre la réalité du désastre et les politiques qui tendent à marginaliser les projets alternatifs.
Michel et Monique Sanicaud dénoncent, à partir de l’exemple du Sud-Ouest, les dangers des injonctions contradictoires qui sous l’alibi de décarbonation déstructurent forêts, biodiversité, zones humides et cycle de l’eau au bénéfice de monocultures forestières et des profits de l’industrie du bois et de la biomasse.
Corinne Luxembourg articule l’ampleur des catastrophes climatiques, des violences subies par les populations les plus fragiles et de l’invisibilisation des solidarités, et l’emprise du solutionnisme technocratique, des logiques marchandes et du négationnisme climatique réactionnaire. Patrice Leclerc relie les limites planétaires, la rébellion du vivant face aux logiques humaines mortifères, et l’exacerbation des injustices climatiques, pour mettre en exergue les pistes des alternatives décroissantes et communalistes. Makan Rafatdjou met en lumière l’enjeu déterminant des bio-régions, comme une refondation territoriale facteur d’une intelligence collective et d’un agir en commun écologiques, vecteur de mutations sociétales indispensables, et levier de transformations anticapitalistes.
L’équipe de rédaction












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