Horizons d'émancipations.

Une série de dossiers. pour mieux (se) comprendre.

(In)justice climatique de Ghett’up

Ce petit ouvrage de 100 pages est un rapport fait par et pour les quartiers populaires. S’il a la dent dure facile ” contre les travaux sociologiques mainstream ” (on voudrait des noms) il a la qualité des verbatims des habitants/es des quartiers populaires et la précision des données qui démontrent l’injustice climatique. Nous ne sommes pas tous égaux face à la pollution, et ce n’est pas génétique, quand par exemple les aménageurs pensent installer des aspirateurs à pollution dans le village olympique en Seine St. Denis pour les athlètes de passage et que dans le même temps des aménageurs construisent un groupe scolaire sans protection ou dispositif spécial à proximité de l’échangeur autoroutier qui desservira ce village olympique.

A l’injustice sociale, ce rapport ajoute ” le racisme environnemental “. Certes il y a le fait que c’est dans les quartiers populaires ” qu’il y a la proportion de personnes nées à l’étranger la plus importante “, mais ce racisme se caractérise aussi avec des lois qui s’appliquent différemment en France Hexagonale et aux Antilles pour le Chlordécone, à Mayotte pour l’accès à l’eau, etc… Une écologie décoloniale est à penser pour la France et le monde.

La crise climatique est une crise des démocraties ” et sa résolution ne peut se faire sans la prise de parole, l’action des citoyens/nes et particulièrement des habitants/es des quartiers populaires, les enfants d’immigrés, sans avancer sur une mise en œuvre d’une écologie populaire qui reconnaissent les racines profondes des inégalités liées au climat. Il faut valoriser les savoirs faire et êtres des couches populaires, en termes de savoir réparer, cultiver, consommer moins, etc.  Le rapport cite de multiples expériences existantes dans les quartiers populaires d’appropriation par des citoyens/nes de tous âges sur les enjeux climatiques, souvent en bute à une non-reconnaissance par les institutions, trop souvent éloignées des processus décisionnels locaux.

Là est l’enjeu démocratique, l’enjeu pour développer l’engagement.Nous ne sommes pas les victimes passives de la crise climatique, nous sommes les bâtisseurs d’un avenir durable  ». Tout le contenu du rapport vise à montrer que les jeunes des quartiers populaires ne sont pas seulement des participants/es pour une écologie plus juste et pour tous, ils sont au cœur du changement. Et plus les porte-paroles et les actions reflètent les trajectoires, les réalités, ainsi que les références symboliques et culturelles des jeunes des milieux populaires, mieux le message passe et plus de vocations se créent. Cela est bien démontré par cette ” recherche qui part de la base “.

Comme communiste, j’y trouve de nombreux éléments qui confortent l’idée que le changement ne peut se faire sans la participation et la conscience active des gens, de la jeunesse des quartiers populaire en particulier, des pistes pour travailler des convergences.

Restent mes interrogations pour trouver le chemin qui part d’une prise de conscience de l’injustice climatique à celle du nécessaire dépassement du système capitaliste qui use de ces dominations sur l’être humain et la nature ?

Patrice Leclerc

https://www.ghettup.fr/injustice-climatique

Cet article fait partie du dossier :

Horizons d'émancipation

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