119000 hectares de forêts détruits par le feu nourri par la canicule, le dérèglement climatique et les politiques écocidaires des multinationales et du gouvernement. Des populations évacuées, des maisons détruites, des animaux brûlés, un désastre.
L’inaction climatique provoque inquiétude et colère, et la conscience des enjeux climatiques s’aiguise dans les consciences collectives.
Face à un État défaillant, des moyens insuffisants, des hommes et des femmes ont pris seul.es ou à plusieurs la décision d’agir et de prêter main forte aux sapeurs-pompiers : des paysans s’organisent avec des tracteurs et des citernes, des restaurateurs font les repas des pompiers, des ouvriers des travaux publics créent des pare feux, des citoyen.nes accueillent les personnes déplacées etc. Une forme d’auto-organisation pour remplacer l’État défaillant.
Un État défaillant qui fait des choix. « C’est une lutte des classes » dit un habitant du Porge interrogé par une journaliste d’une chaine d’info en continu, considérant que les maisons du Cap Ferret ont été mieux protégées que celles du Porge. Ce que reconnaît un officiel sous couvert d’anonymat « choisir c’est renoncer » (Médiapart du 27août).
En d’autres termes, le collectif « Les enfants du pays » regroupant des habitants et acteurs de terrain locaux en Gironde revendique l’expérience et le diagnostic des habitants et des professionnels de terrain pour exiger une meilleure gestion des forêts de la part des autorités.
Les pompiers font aussi entendre leur voix. Dans l’unité syndicale ils revendiquent des moyens supplémentaires en matériel et un recrutement conséquent. Ils seront dans l’action le 26 septembre.
Alors stop ou encore ?
Selon Oxfam, les émissions de cinq des plus grandes entreprises pétrolières et gazières dont Total Énergies ont provoqué près d’une vague de chaleur sur quatre entre 2000 et 2023. Total Energie a réalisé 11,2 Milliards de bénéfices depuis le début de l’année 2026. Ce chiffre devrait atteindre 24 Milliards pour l’ensemble de l’année soit 77 % par rapport à l’année 2025.
D’un autre coté 211 Milliards d’argent public sont attribués aux entreprises sans contrepartie.
De la gestion des forêts, à la définition des moyens de la sécurité civile, qui sont les plus compétents ? L’État défaillant ou les acteurs du terrains ?
Ces formes d’auto-organisation ne valent-elles qu’en cas de crise ? Ou ne peuvent-elles constituer un socle pour (re)faire société ?
Quant à la répartition des recettes de l’État, c’est-à-dire l’argent de nos impôts, qui doit décider ?
Fermer le robinet des réductions d’impôts et des subventions aux entreprises qui versent les bénéfices à leurs actionnaires et qui ne bifurquent pas (Total a décidé de produire plus de pétrole…), utiliser cet argent à renforcer les moyens de la sécurité civile, à concevoir des plans de bifurcation écologique. Inscrire ces choix dans un contre-budget populaire : une nouvelle voie à construire ?
Sylvie Larue


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