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Le mythe de la machine 

C’est l’une des pensées critiques précurseur de l’écologie les plus importantes du XXème siècle, encore trop méconnue en France. Pour l’auteur notre civilisation est marquée par ce qu’il a qualifié de manière inaugurale la « mégamachine » : l’ensemble du corps social devenu une organisation hiérarchique centralisée par la puissance autonome de l’État, déployant mondialement une omnipotence technique capable de prouesses fabuleuses mais génératrices de destructions inouïes. Ni technophobie, ni technolâtrie, c’est la matrice de la part monstrueuse de notre modernité pouvant aller jusqu’à l’autodestruction qui doit être remise en question. Les reniements et désastres devenus aussi, sinon plus, importants que les promesses, et la quête sans limite du profit et de la puissance despotique surdéterminant le devenir des humains, de la nature, et de la planète, nous obligent d’interroger les fondements d’un « progrès » otage d’une technique devenue levier de domination : selon quelles valeurs se déterminent les finalités de nos artefacts ? Comment distinguer le souhaitable et le néfaste, l’indispensable et le superflu ? Selon quelles modalités sont opérés ces choix ? Au fond qui maîtrise réellement quoi, à partir de quelles connaissances partagées ?

Makan Rafatdjou

Lewis Mumford : Le mythe de la machine, Tome 2 : Le Pentagone de la puissance, 2026, Éditions Encyclopédie des nuisances, 665 pages, 35€ ; Tome 1 : Technique et développement humain, 2019, même éditeur, 432 pages, 28€ ; Technique autoritaire et technique démocratique, 2021, La Lenteur, 112 pages, 10€ ; Art et technique, 2024, La Lenteur, 168 pages, 15€ ; La cité à travers l’histoire, 2011, Agone, 926 pages, 39€

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