« Ce n’est pas la faute des patrons s’il fait chaud ». Voilà qui peut amener à tempérer … les revendications. Bien sûr, il faut dire et redire que « si, si, c’est quand même pas mal la faute des patrons ». Pas forcément untel ou unetelle, mais leur classe sociale, celle des capitalistes et de leurs serviteurs qui, par des choix politiques délibérés depuis des années, pour engranger toujours plus de profits financiers, ont créé le dérèglement climatique.
Mais ça ne suffit pas comme réponse aux collègues de l’atelier, du bureau, du chantier, du service… Les patrons sont responsables de la santé et de la sécurité sur le lieu de travail. Qui plus est, des mesures spécifiques sont prévues par la loi en cas de forte chaleur.
Ca ne se fait pas « naturellement ». On a pu le constater tout l’été.
« Droit d’alerte pour danger grave et imminent, suppression de séances de travail supplémentaires programmées, mise en place de ventilation ou climatisation, dotation d’eau, aménagement d’horaires, pauses supplémentaires », Olivier Brockly, délégué SUD Industrie à l’usine Stellantis de Trémery (Moselle) nous donne quelques exemples des interventions syndicales qui ont émaillé ces semaines estivales. « Les mises en demeure de l’inspection du travail ne suffisaient pas. Nous avons appelé à la grève, listé nos exigences en les précisant, service par service, équipe par équipe, jour par jour. Et nous avons obtenu satisfaction ».
L’action directe collective des salarié.es, c’est la solution appliquée à Stellantis mais aussi dans bien d’autres usines, d’autres entreprises, par SUD Industrie, par d’autres syndicats Solidaires, par bien des équipes d’autres organisations syndicales ! Encore une fois, c’est plus efficace que le recours à l’Etat : le décret du 27 mai 2025 prétend s’attaquer au problème de la chaleur sur les lieux de travail, mais il ne fixe aucune obligation à l’employeur pour combattre réellement celle-ci, juste des pistes pour « mieux » la gérer ! S’attaquer aux passoires thermiques que sont nombre de sites serait plus efficace ! Prendre des mesures fortes en termes de temps de travail, sans diminution de salaire, aussi !
Christian Mahieux



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