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Fascisme tardif, Généalogie des extrêmes droites contemporaines

Le fascisme n’est pas un moment révolu, mais un processus ancré dans des dynamiques d’exploitation et de domination précédant en-deçà et perdurant au-delà de sa cristallisation passée. Possibilité inhérente aux crises paroxystiques d’un capitalisme en mutation permanente, il impose d’éviter les analogies historiques simplistes sources d’erreurs dangereuses. Il ne s’oppose plus de l’extérieur à la démocratie mais grandit sur son pourrissement pour asseoir un autoritarisme brutal, tentaculaire et contextuellement polymorphe imprégnant progressivement les imaginaires comme seule voie de salut. Avec Adorne, Benjamin, Marcuse, Bloch, Lefebvre, Guattari, Jesi, Mosse, Chapoutot… et les pensées noires, décoloniales et féministes, Toscano montre que “le ventre est toujours fécond de la bête immonde” (Brecht) non seulement pour assurer l’accumulation des profits, mais parce que toutes les mystifications, aliénations, souffrances, peurs et ressentiments qui nous habitent, mutilent et désorientent au quotidien, l’alimentent : pertes de sens sous les chocs du modernisme effréné, captage des subjectivités désirantes, aggravation des dominations (nature, genre, race, classe…) et des logiques de séduction/soumission… Si “choisir entre le mal et le pire c’est être sûr d’avoir le mal et faire advenir le pire” (Arendt), l’invention des bifurcations alternatives est la tache urgente des énergies et forces sociales résistantes.

Makan Rafatdjou

Fascisme tardif, Généalogie des extrêmes droites contemporaines, Alberto Toscano, Éditions La Tempête, 2024, 231 pages, 20€

Réfractions N°54: Les habits neufs du fascisme, automne 2025, 15€ ;

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