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Du droit de déambuler

Immense enjeu d’une alternative au capitalisme : l’autrice continue sa déconstruction de certains fondements du droit moderne occidental par leur refondation écologique. Après la critique de la propriété comme pouvoir souverain d’un individu sur les choses par une convergence de certaines racines romaines et médiévales du droit et des perspectives écoféministes et indigènes enchâssant la propriété dans le commun, elle avait exploré comment le droit des servitudes autorise un droit à l’accès dès lors que la faculté partagée d’habitation des choses par l’ensemble des vivants l’emporte sur l’exclusivité de la propriété. Ici, elle déploie la puissance subversive d’un droit à déambuler, se promener, vagabonder, arpenter la terre, contre toutes les pratiques d’enclosures et logiques de fermetures physiques qui obèrent la continuité intrinsèques des espaces habités et le droit à la libre circulation. Elle articule une archéologie des usages et de lois allant en ce sens à diverses époques avec l’examen de certains enjeux contemporains, de la fragmentation des territoires comme obstacle aux mobilités douces, la divagation des animaux, le déplacement des végétaux et circulation des eaux, à l’exclusion des migrants par l’hermétisme des frontières. Son texte est conforté par un récit iconographique tout aussi démonstratif.

Makan Rafatdjou

Sarah Vanuxem : Du droit de déambuler, Photographies de Geoffroy Mathieu, Wildproject, 2025, 225 p., 24 €

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