Thomas Lacoste nous plonge au cœur du Mouvement des Soulèvements de la Terre en dressant 16 portraits de militantes et militants qui luttent contre l’accaparement des terres et de l’eau, les ravages industriels, la montée des totalitarismes. De l’intime, de la réflexion, de la passation aussi entre un père et son fils, Thomas Lacoste rend le militantisme des Soulèvements de la terre émouvant, désirable, et plein d’espoir tant la jeunesse y est présente. Désirable aussi parce qu’on sort des sentiers battus et qu’on recherche une efficacité que les vieilles organisations du mouvement ouvrier n’arrivent plus à construire.
Mais si le rapport à la répression politique et la violence d’État transparaît avec des montages photos et quelques vidéos, le documentaire nous laisse sur notre faim de ce point de vue. Dans la lutte de Notre Dame des Landes, le mouvement contre l’aéroport et son monde avait affronté une répression terrible. Né dans son prolongement, le mouvement des Soulèvements de la terre a été confronté à une violence rarement égalée à travers la lutte contre les méga-bassines à Sainte Soline
Thomas Lacoste nous invite à ne pas laisser les jeunes se confronter seuls à cette violence d’état, à mettre des pare-feu entre celles et ceux qui s’impliquent dans ces luttes et l’État policier. Mais peut-être qu’il y a autre chose à faire, à savoir ouvrir partout des brèches de désobéissance civile et des lieux d’occupation pour renverser la table.
Sylvie Larue
Soulèvements, Réalisé et écrit par Thomas Lacoste, Documentaire, 106 minutes, Production Sister Production et Co production La Bande Passante. En salle à partir du 12 février, actuellement en avant-première dans plusieurs salles.


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