Au moment où les suprémacistes blancs tentent de s’imposer chez les Yankees, ce roman policier a le mérite de pointer plusieurs sujets sensibles. Le racisme anti noir, dans le Sud des Etats-Unis, reste profondément ancré et pas que lors des bavures policières. Qu’un homme à peau noire revête l’étoile de shérif et voici que les chausse-trappes et autres vilénies entravent ses enquêtes. Notamment celle concernant une série de meurtres d’enfants. Un professeur respectable est-il le coupable ? Entre « travailleuses du sexe », deal et trafics, petites compromissions avec des puissants, Titus Crown arrivera-t-il à révéler la vérité des faits ? à éviter de passer pour un vendu dans sa propre communauté ? à sauver son couple ? sa famille ? A faire valoir la justice dans ce comté rural ?
Dans ce roman, toute une peinture de la vie quotidienne dans ce sud rural, raciste et opioïde est disséquée, illustrée. La religion, et ses servants, ont oublié ici de jouer les pacificateurs elle se comporte non pas en opium mais en diviseurs du peuple. Il n’est pas cher le sang des innocents, laissant gangrener le vivre ensemble, parader les lois des plus forts. Cet ouvrage se lit fort bien, sa trame nous mène avec beaucoup d’intérêts au bout de ses 400 pages. Ce sud-là est une affaire d’hommes. La domination a son prix fort. Comment tout cela finira-t-il ?
Patrick Vassallo
Le sang des innocents, S.A. Cosby, Sonatine, 2024, 400 p., 9,90€ (poche), E-booK 15,90€, broché 23€


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