Après ses réflexions sur les conditions d’un véritable « L’Art de la paix », l’auteur s’interroge sur l’incapacité des puissances actuelles, au contraire des puissances impériales d’antan, ou impérialistes d’hier (USA/URSS), à être sources d’une quelconque stabilité ! Il pointe la responsabilité directe de l’ultralibéralisme dans la situation chaotique du monde : Afghanistan, Irak, Syrie, Palestine, Libye, Ukraine, Afrique saharienne et subsaharienne, Amérique latine… S’il ne va pas jusqu’à pointer le néolibéralisme mondial et autoritaire comme facteur d’un désordre voulu et principal moyen d’imposer la domination avec ses sphères économiques et financières, idéologique et politique, il met l’accent sur un point névralgique souvent occulté : plus la puissance de domination montre ses muscles, plus il libère la puissance du jeu social qui se déploie selon des dynamiques planétaires échappant au contrôle politique !! Cette déconstruction en cours du droit par la force, source d’une internationalisation des souffrances sociales, crée une tension intense, permanente et contradictoire : recompositions, résistances et émancipations sociales d’une part, colères, aversions et rages aveugles de l’autre. Alors que l’international s’affranchit de son carcan interétatique, l’enjeu est alors la montée d’empathies et mobilisations transnationales comme un fait social total, et une urgence explosive de bifurcations !!!
Makan Rafatdjou
Par-delà la puissance et la guerre, La mystérieuse énergie sociale, Bertrand Badie, Éditions Odile Jacob, 2026, 201 pages, 21,90 €


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