Il y a les bons influenceurs, et les mauvais influenceurs. Mais un mauvais influenceur peut avoir une bonne influence…
Ne nous y trompons pas. « Influenceur » est un dérivé technique, marketing, du verbe « influencer ». Le concept naît dans les années 2010, au moment où la publicité perd pied. Bloquée, boudée. Les publicitaires doivent évoluer. Disposant d’une communauté, les bloggeurs populaires sont des hommes/femmes sandwich tout désignés/es. Mais top-influenceurs ou micro-influenceurs n’ont ni le même impact ni les mêmes motivations : si certains placent des produits, d’autres partagent passions et idées.
Au final, si l’idée attire autant, c’est peut-être par besoin de reconnaissance. Faites-vous connaître grâce aux réseaux, vous devenez « natif » : qu’importe votre nationalité, votre niveau d’études, votre appartenance sociale, vous renaissez en ligne. Une bonne idée, un concept, une communauté, et vous voilà propulsé. Le monde virtuel semble permettre d’échapper à sa condition.
Bien-sûr, les plus connus/es sont rarement des amateurs. Ils ont des équipes, du matériel. Le net crée de vrais métiers. Des formations se développent et la législation s’organise. Et on rejette le terme « influenceur », trop connoté, au profit de « créateurs de contenu », plus artistique. En suivre un fait-il de nous des moutons de Panurge ? Soumission volontaire ou exercice de son esprit critique ? Soyons optimistes : l’offre est si large que chacun doit bien pouvoir piocher à sa guise.
Alex Pichardie, Daniel Rome


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