« Voici deux réflexions, complémentaires plus que contradictoires, sur le phénomène des « influenceurs », qui prend une ampleur certaine. C’est un début de discussion. Dans la coopérative, le site est ouvert, disponible pour vos réactions, vos interpellations.
Soyez influenceur·euse·s de ce débat ! »
Non seulement il n’est pas nouveau d’être influencé mais vivre en société suppose que nous nous influençons mutuellement. Mutuellement : cela ne définit aucun statut particulier à qui que ce soit. On est toutes et tous influenceurs/ses et influencés/es. Les critiques d’Art jouent un rôle d’influence mais l’objet de leur action est l’analyse d’une œuvre en revendiquant leur subjectivité, les enseignants…enseignent et donc influent sur les esprits. Mais justement, il existe de plus en plus un courant pour demander aux élèves davantage d’investissement d’eux-mêmes, de créativité que de docilité. Seule l’Eglise a revendiqué que ses clercs soient identifiables comme détenteur de LA parole.
Aujourd’hui, nous sommes dans un contexte où les générations arrivantes se contentent de moins en moins de répéter ce qui semblait acquis pour construire par elles-mêmes leurs propres référents. Or c’est à ce moment, gros de demande d’indépendance qu’apparaît ce concept « d’influenceurs/ses ». Que contient de fait, dans ce contexte, ce concept ? Que certains/es ont des caractéristiques que toutes et tous n’ont pas. Il y a celles et ceux qui savent et celles et ceux qui absorbent. Les non-influenceurs (parce que l’on n’ose pas dire les influencés/es) ont pour rôle d’écouter et de suivre. Comment les désigner ? Des passifs qui absorbent comme du buvard ? Il y a une connotation de pouvoir sur les autres.
C’est au moment où l’exigence de démocratie et d’égalité de statut est la plus forte que, étrangement, ce concept émerge.
Pierre Zarka


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