Edito.

L’Humeur de la rédaction.

Notre internationalisme à l’épreuve du nouveau monde

L’entrée dans l’année 2026 a été marquée par l’intervention armée étatsunienne au Venezuela. Ce que Poutine n’a pas réussi en février 2022 – enlever le président ukrainien Zelensky – Trump l’a fait en janvier 2026 avec le dictateur Maduro. Entre chefs de gang, on parle le même langage, on agit de la même manière. La méthode est inadmissible ? Oui. Surprenante ? Non. Contraire au droit international ? Bien sûr, et alors ? Cela fait combien de temps, combien de fois, que ce droit et les institutions qui y sont liées sont bafoués ?

De la même manière qu’en tant que syndicalistes on s’appuie sur les lois qui régissent le salariat que nous voulons abolir, il est normal de faire référence au droit international lorsque des Etats ne le respectent pas. Mais que dire de « syndicalistes » qui considèreraient que les garants des droits ouvriers sont les patrons ? Or, c’est cette attitude que nous adoptons souvent vis-à vis des Etats : qui croit que le Conseil de sécurité de l’ONU va faire quelque chose pour le peuple palestinien, pour le peuple ukrainien, pour le peuple vénézuélien, pour un peuple, alors que les Etats chinois, français, britannique, russe et étatsunien y disposent chacun d’un droit de veto permettant de ne prendre aucune mesure contre leurs agissements respectifs ?

On a raison de se révolter et de dénoncer l’entreprise étatsunienne. Tout comme il faut dénoncer la Russie ; tout comme il faut dénoncer Israël. Tout comme … Mais que voulons-nous ? Dénoncer ? Ou que cela cesse ? Si tel est l’objectif, la tâche est plus ardue. Ecrire des communiqués ne suffira pas. Il faut s’organiser, discuter, proposer, décider, tenter, oser, … Construire l’internationalisme de notre classe sociale, la solidarité des peuples, ne sont pas des minces affaires. Il faut s’y coltiner ou renoncer à une profonde transformation sociale.

C’est rappelé dans l’introduction au dossier de ce numéro : L’Etat est l’instrument d’oppression par lequel la classe économique favorisée établit sa domination sur la classe des travailleurs et des travailleuses. L’amélioration de l’instrument de notre oppression est-il l’horizon indépassable de nos aspirations émancipatrices ? Gageons que non …

Christian Mahieux

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