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La justice des hommes

En guise d’exorde cette citation de Wittgenstein « ce dont on ne peut parler il faut le taire » et c’est ce qui arrive à Aurélien dans le roman « la justice des hommes ». Le fil conducteur de l’écriture romanesque d’Amigorena est centré sur le silence, la difficulté à dire. Ce roman m’a bouleversé car surgit une force émotionnelle centrée sur l’effondrement d’un couple et les conséquences judiciaires et psychologiques, lié à un drame familial, une réflexion sur la justice humaine. En effet, le livre interroge les limites du système judiciaire face à la complexité des sentiments et des comportements humains car le roman dépasse le simple drame conjugal pour devenir une méditation sur la culpabilité, le silence et la responsabilité. On y retrouve l’écriture introspective : Amigorena est souvent salué pour son style analytique et intérieur. Le style est délicat et fluide alors que la description des émotions et la construction psychologique des personnages est particulièrement complexe. Le malaise ressenti est lié à des personnages difficiles à aimer et au manque d’empathie que le lecteur ressent face aux protagonistes. Au fond un texte profond et mélancolique mais aussi une réflexion sur l’amour, la séparation et la justice.

Daniel Rome

La justice des hommes, Santiago Amigorena, POL – Livre de poche, Février 2025, 304 pages, 9,20 euros.

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