Mme Binet a dit “le Budget se fera dans la rue”.
Voulait-elle dire “puisque vous voulez utiliser le rapport de force pour imposer votre budget, nous utiliserons la pression populaire, dans la rue, pour vous contraindre à suivre notre budget” ?
Ou voulait-elle dire que ça serait bien que la rue se mette à réfléchir et à produire une proposition de budget ?
Pour ce qui est du rapport de force, je crois que celui-ci est nécessaire dès lors que les personnes en situation de pouvoir ne souhaitent pas coopérer. Il ne nous reste alors plus d’autre choix que : de subir leurs choix OU de les contraindre (à re-rentrer en logique de coopération, ou à défaut, à appliquer ce que nous voulons).
Pour ce qui est de faire un budget d’un Etat : la question me semble à la fois très importante et vertigineuse, tant ça demande de connaissances fines des problématiques en cours.
Je suis plus habitué à faire un budget d’une association par exemple.
Pour moi un budget c’est un objet qui arrive après une longue réflexion, dans laquelle il y a :
– mise au clair d’une grande intention commune (par exemple pour moi je dirais “que les besoins fondamentaux de tous les êtres humains soient satisfaits”; reste à définir un peu plus précisément ces besoins, c’est un autre sujet mais il me semble absolument fondamental de commencer par concentrer nos efforts là dessus, peut être dans une autre problématique à traiter collectivement ?)
– définition de grands axes pour arriver à satisfaire cette intention commune
– déclinaison de ces grands axes en actions concrètes
– déclinaison de chaque action concrète en sous-actions, budgétables chacune
– recherche des avantages et inconvénients de ces actions et sous actions, en les mettant en parallèle les unes avec les autres + une recherche de synergie entre les sous-actions, actions et/ou les grands axes (ça crée de l’optimisation du temps et des moyens potentiellement)
– de tout ça il y aura peut être des “paquets” de mesures, indissociables au sein de chaque paquet
– le budget total sera la somme de ces actions
– à chaque étape précédente on peut revenir à des étapes précédentes dans une logique d’amélioration “organique”
Pour la partie “recettes” je pense que l’intention de base c’est “chacun donne en fonction de ses moyens”. C’est à la fois un héritage des luttes progressistes passées, et un horizon qu’on cherche encore à atteindre collectivement dans bien des aspects.
Pour les moyens on peut voir les choses en matière financière (compte en banque, patrimoine mobilier, immobilier, revenus, etc). Peut-être peut-on voir les moyens sous d’autres angles.
De plus, j’ai l’intuition que ça pourrait être intéressant et pertinent de sortir de l’idée que ce qui est important c’est “juste l’argent”, et de se dire “on fait un budget bonheur” par exemple. Ou un “budget temps”. Dans lesquels on va comptabiliser les temps, et/ou le “bonheur” des citoyens (qui reste à définir plus précisément).
De la même manière j’ai l’intuition que pour la partie “recettes” ça pourrait être intéressant de regarder du côté des “moyens” que les citoyens ont : en terme de temps, d’handicap visible ou invisible…. Mais ces idées ne sont qu’une intuition, je ne sais pas où ça peut mener.


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