Edito.

L’Humeur de la rédaction.

Le fruit de notre travail

Depuis 1945 la Droite  – y compris le PS en étatisant la Sécu – les milieux financiers n’ont eu de cesse de remettre en cause ce qui a été gagné de hautes luttes. Déjà en 1949 la Sécurité sociale et sa gestion par les représentant·es des salarié·es étaient contestées au nom du déficit. En 1958 M. Debré s’est attaqué à cette conquête majeure car c’est une logique opposée au capitalisme. Le salaire n’est plus lié à l’emploi mais à la personne. Ainsi on peut percevoir des allocations familiales ou une allocation chômage, et la retraite est la continuation du salaire. Le salaire est un attribut de la personne et la classe dirigeante ne le supporte pas. En 1981 la victoire de la Gauche a  validé  le droit à la retraite à 60 ans pour 37,5 annuités de cotisations. La droite n’a jamais lâché prise et dès qu’elle est revenue au pouvoir,  a remis  en cause le droit à une retraite décente pour tous (Réforme Balladur 1993, Juppé 1995, Fillon 2003 et 2010) et en 2019 et 2022. La Droite souvent avec l’appui du PS (Rocard, Touraine) en a fait une arme idéologique et économique avec des arguments fallacieux. Aujourd’hui la réforme est brutale et sans aucune justification : repousser l’âge de départ à la retraite à 65 ans d’ici 2031. On voit un jeu de dupes entre les macroniens et LR  sur 64 ou 65 ans. Le fond du problème n’est pas là. Outre que le COR dit qu’il n’y a pas « le feu au lac » notre système de retraite n’est pas en danger. Il correspond  à 14% du PIB soit 340 milliards €/an.  Pour E . Borne il s’agit de trouver 12 milliards/an  pour réduire les prélèvements obligatoires et faire des économies massives sur les retraites  afin d’équilibrer la baisse des impôts de production (cf. projet de loi de finances). On nous ressort les mêmes arguments: on vit plus longtemps donc on doit  travailler plus longtemps. Or, ce qu’on appelle « les charges patronales » sont le fruit du travail et les dividendes du CAC 40 ne cotisent à rien. 40% des travailleurs sont sans emploi au moment de partir en retraite à 62 ans et beaucoup ne profitent pas de leur retraite pleinement à cause d’une santé défaillante. La réforme nous ramènerait pour les jeunes générations à une situation qu’ont connue leurs arrières grands-parents dans les années 30 en termes de durée et de montant des pensions. La réforme de l’allocation chômage allant dans le même sens. Pour gagner sur ce terrain au-delà de l’unité nécessaire du monde syndical, il faut affronter radicalement les milieux financiers, contester la logique capitaliste et ouvrir les possibles d’un autre « contrat social ». 

Daniel Rome

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