Culture

La politique culturelle n’est toujours pas au programme…



Entre crises sociales et crises politiques, le « Monde d’après », solidaire, écologique et équitable, que l’ensemble des acteur.trices de l’Art et de la culture, appelait de leurs vœux lors du premier confinement, tarde à arriver. Les réouvertures des lieux et la reprise des festivals ont donné l’illusion d’un retour à la normale. Affairés à reprendre nos activités, à nous dépatouiller dans le méli-mélo inégalitaire des aides du plan de relance, puis avec l’injustifiable brutalité du pass sanitaire et vaccinal – et parce que la situation n’est plus la même pour tous – nous avons collectivement oublié l’essentiel : construire ce Monde d’après.

Les élections auraient-elle pu être l’occasion de ce débat ?

Parce que nous sommes persuadés que l’art et la culture sont au cœur du développement durable de toute société humaine, nous aurions espéré que ces questions essentielles occupent la place qu’elles méritent – aux côtés des autres questions tout aussi essentielles – et contribué au débat.

Mais une fois encore, la Culture tient au sein des programmes une place congrue, se limitant à des propositions convenues, dans la continuité de politiques culturelles pensées il y a 40 ans et plus, et désormais en inadéquation avec les besoins du secteur professionnel et de la population. On y invoque les Droits culturels mais on ne change rien aux principes d’excellence ni de ruissellement.

Pourtant, dans nos villes comme en milieu rural, dans une relation étroite et sans cesse renouvelée à leurs habitants, dans l’espace public, en salle ou sous chapiteau, des équipes artistiques, des Lieux intermédiaires et des opérateurs culturels indépendants créent, innovent, irriguent les territoires. À l’origine de la chaîne entre artistes et public, ils promeuvent des formes d’éducation populaire renouvelées, une idée des droits culturels garantissant la liberté d’expression, de création et le droit pour tout un chacun d’avoir accès à l’art et la culture. Principaux producteurs et employeurs du secteur du spectacle vivant, ils sont au cœur de l’écosystème du spectacle vivant, et pourtant bien souvent invisibilisés par des critères d’évaluation inaptes, mal reconnus et trop peu financés.

Le Monde d’après, en matière de culture doit passer par un changement de paradigme profond. Il est urgent de mettre la création artistique au centre des politiques publiques du spectacle vivant. De donner à celles et ceux qui produisent et œuvrent pour l’intérêt général, les moyens de le faire et de vivre de leurs métiers. De réaffirmer leur liberté d’expression, de création, d’invention, afin de préserver la diversité et l’innovation artistique, l’équité et l’égalité dans les territoires, auprès de tou·te·s les habitant.es.

Hors de toute considération économique, le spectacle vivant fait société… il crée des émotions, il rassemble, il défie les peurs, fait sens commun… Il fait VIVRE.

Emmanuelle Gourvitch

Coprésidente du SYNAVI

NB: Une plateforme 2022 commune réalisée par le SYNAVI et le SCC s’adresse aux candidats aux élections présidentielles et législatives, mais également à tous.tes les responsables politiques en charge des questions culturelles. Avec 800 structures adhérentes, le SCC et le SYNAVI forment la Fédération des Structures Indépendantes de Création et de Production Artistique (FSICPA), première fédération représentative de ce secteur.

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