4ème de couv'

La Commune, bain de culture

La Commune de 1971 a été dès son début une source remarquable de productions culturelles. La Commune même a été accompagnée et stimulée par des nombreux chansons et chorales, héritières des clubs ouvriers, pas moins d’une vingtaine de chansons communardes peuvent aujourd’hui être recensées ( voir l’encart) .  Sans oublier Le Chant des ouvriers en 1846,
La Canaille en 1865 qui y sont antérieures ou le célèbre Le Temps des cerises de 1867, chanson non répertoriée comme communarde, mais emblématique de bien des luttes du mouvement ouvrier naissant. Plusieurs chansons s’en inspirons connaîtront leur succès dans les années suivantes, jusqu’à  La Commune ou Les cerisiers de Jean Ferrat (1971 et 1985). Plusieurs livres[1] sont consacrés à inspiration communarde dans la chanson. Toute une partie de la chanson révolutionnaire du XX° siècle est imprégnée de cet événement, valorisant le plus souvent la vigueur revendicative et la fierté prolétarienne.

  • L’Armistice, 1870
  • La Défense de Paris, 1870
  • Drapeau rouge, 1870
  • Drapeau rouge, 1877
  • Paris pour un beefsteak, 1870
  • Quand viendra-t-elle ?, 1870
  • Le Sire de Fisch Ton Kan, 1870
  • Le 31 octobre, 1870
  • Le Chant de l’internationale, 1871
  • Le Chant des soldats, 1871
  • La Commune, 1871
  • La Danse des bombes, 1871
  • L’Internationale, 1871
  • La Journée du 18 mars, 1871
  • La Marseillaise de la Commune, 1871
  • Le Mouvement du 18 mars, 1871
  • Le Plan de Trochu, 1871
  • La Semaine sanglante, 1871
  • La Terreur blanche, 1871
  • La République sociale, 1871
  • L’Amnistie, 1871

Si le cinéma est moins prolixe, on ne peut ignorer le film que lui a consacré Peter Watkins. Un long film (5h45) indispensable, tant est une expérience singulière dans l’histoire du cinéma cette œuvre  construite comme une geste historique et politique intimement liée avec nos vies contemporaines. Tourné en 2000 à la Parole Errante de Montreuil, ce cinéma reprend l’essentiel du «vieil art du théâtre », ranime une énergie radicalement humaine. Le théâtre aura moins puisé dans la Commune, « Barricade » a été créé en 1999 par la compagnie Jolie Môme, presque une exception…

A l’inverse, la production iconographie est fournie . Outre de nombreuses affiches, dessins et illustrations, glorifiant les communards et leur utopie, le camp versaillais et ses descendants ont suscité beaucoup de photomontages cherchant à illustrer les « crimes de la Commune », à l’instar d’Eugène Appert, un photographe judiciaire dont les images retouchées contribuèrent à discréditer les fédérés aux yeux de l’opinion et de la postérité, en particulier à travers les images des bâtiments emblématiques de Paris en feu. Les caricatures (fin XIX°, début XX°) l’illustrent bien.

La gastronomie n’est pas en reste, le communard est un apéritif, nombre de restaurants et gargotes célèbrent le temps des cerises ou le merle moqueur, plusieurs estaminets y faisaient référence.

Si Louise-Michel a sa station de métro et les fédérés un mur célèbre, les héros communard.e.s ont nourri la toponymie de nos villes.

Au total, on pourrait convenir que la production culturelle issue de la Commune a moins célébré ses acteurs et actrices et ses évènements que valorisé les dynamiques initiées, les revendications portées et glorifié la capacité du mouvement ouvrier, de la contestation à sonner sa charge et éclairer l’avenir.

 Patrick Vassallo

La danse des bombes
Compositrice : Michèle Bernard 
Texte de Louise Michel

La nuit est écarlate.
Trempez-y vos drapeaux
Aux enfants de Montmartre,
C’est la victoire ou le tombeau !


La Communarde
Paroles : Jean Baptiste Clément (1883)

Que voulions-nous : la Liberté

Et le  bien de l’humanité.

Pour nous venger des chenapans

Il nous faut faire des enfants,

Et faire des gaillards

Et de francs communards !


L’Armistice (1871)

Auteur : Alphonse Leclerc

Chanté par Francesca Solleville

Nous nous levons tous en masse
Pour répondre à l’insolent ;
Pas un ne fait la grimace,
Qu’il soit rouge, noir ou blanc ;
Fier de courir au combat
Pour l’honneur et la justice !


Quand viendra-t-elle ?

Auteur : Eugène Pottier – 1870 –
Musique : Pierre Forest 1896

Que suis-je sans elle?
Un agonisant.
Je vais sans semelle,
Sans rien sous la dent…
Ah! je l’attends, je l’attends!
L’attendrai-je encor longtemps?


[1]               Dont Robert Brécy, La Chanson de la Commune. Chansons et poèmes inspirés par la Commune de 1871, Paris, Les éditions ouvrières, 1991. 310 p. (préface de Claude Willard) ou Laure Godineau, « Figures de l’exil dans les chansons et poésies communardes », Hommes et migrations, no 1321,​ 2018, p. 85 à 91

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