Délicieux

Les émotions de la terre

Dans la richesse des publications dans le vaste champ de l’écologie les apports singuliers ne sont pas pléthores. Ce livre en fait partie. Il s’inscrit dans le sillon des approches sensibles de l’environnement, très prolifiques chez les anglo-saxons, avec beaucoup de traductions disponibles, et suscitant des apports francophones assez remarqués. Il en a les inconvénients et les avantages : une certaine confusion entre tout discours et tout récit (poétique, littéraire, religieux, politique, scientifique, philosophique…) donc des approximations voire inexactitudes, mais aussi le défrichage d’un champ trop négligé pour l’instant par les approches plus rigoureuses. Signe peut être d’une lutte idéologique en cours pour une hégémonie culturelle qui reste à étoffer ? Mais le livre suscite bien des débats stimulants car on ne peut que partager le souci de forger « des mots nouveaux pour un monde nouveau ». Il y en a une quarantaine. Le plus médiatisé est « solastalgie » : la désolation causée par la dévastation de son habitat et territoire, le mal du pays éprouvé chez soi même ! Je préfère pour ma part « symbiocène », que l’auteur entend comme l’ère de l’après-anthropocène, et que je verrai comme un concept nodal désignant l’ère de l’après-capitalocène, la sortie de l’humanité de son « préhistoire » inaugurant l’ère d’une émancipation générale et d’une anthropocène harmonieuse et vertueuse. Début des débats…

Glenn Albrecht : Les émotions de la terre

2020, Les Liens Qui Libèrent, 368p, 23€ 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *