La colère populaire est forte. Blocage des pêcheurs, appel à relancer le mouvement des Gilets jaunes, mobilisations des pompiers, de la Fonction publique… Les braises du mouvement social vont-elles enflammer le pays ? L’avenir nous le dira.
Le prix des carburants n’a jamais été aussi élevé. Pourtant Total réalise des bénéfices records. Cherchez l’erreur ! Les résultats publiés par Total Energies font état de 6 milliards de résultat net au deuxième trimestre 2026 et d’une politique de dividende en hausse de 5,9 %.
Il n’y a pas qu’à Total que les actionnaires se frottent les mains. D’un côté 61 milliards d’euros au 1er semestre 2026, de l’autre l’angoisse du lendemain pour des millions de gens pour boucler les fins de mois.
Les choix du gouvernement sont critiqués, l’injustice fiscale est dénoncée, le sentiment d’impasse politique n’a jamais été aussi fort, et une majorité de gens s’est éloignée des partis. Lecornu présente un budget d’austérité et compte poursuivre exonérations de cotisations et aides aux entreprises qui majoritairement vont dans la poche des actionnaires.
Ça ne peut plus continuer comme ça, l’argent de nos impôts ne doit pas servir à grossir les dividendes. Et comme c’est notre argent, autant que ce soit nous qui décidions ! Commençons par les 211 milliards d’aides aux entreprises et exigeons qu’ils soient restitués pour les aides sociales et les services publics.
Derrière le prix des carburants, derrière les difficultés à boucler les fins de mois, derrière la défiance à l’égard des décisions gouvernementales, se pose une question beaucoup plus profonde : pour quelle société voulons-nous organiser notre économie et pour quelles finalités ? Depuis des années, les politiques publiques ont largement été construites autour de la croissance, de la compétitivité, de la consommation et de la rentabilité financière, autour d’un modèle qui encourage la consommation d’énergies fossiles alors même que le dérèglement climatique impose d’en réduire l’usage. Or ces choix ont une conséquence : ils tendent à faire supporter aux citoyens les coûts sociaux et environnementaux d’un système dont les bénéfices sont inégalement répartis. Le problème n’est donc pas seulement celui du prix à la pompe. Il est celui de notre dépendance aux énergies fossiles et, plus largement, de la place accordée aux intérêts financiers dans la définition des priorités collectives. Face à cette situation, il faut permettre aux citoyens de participer à la définition des priorités. C’est ici que la démocratie prend tout son sens.
Daniel Rome


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