Dans certains réseaux militants, les BRICS sont présentés comme une suite historique du Mouvement des non-alignés, voire de la Conférence tricontinentale. Il convient de ne pas mythifier ces deux entités, leurs positions et réalisations ; mais nous en sommes bien loin avec les BRICS. Rappelons la composition initiale : Brésil, Russie, Inde, Chine, puis Afrique du sud[1]. Globalement, pas trop de régimes démocratiques, si on considère que ceci se caractérise par un minimum de liberté, formelles et réelles, un refus des politiques liberticides, racistes ou colonialistes. La transformation en BRICS+ n’améliora pas les choses : l’ajout de l’Égypte, des Émirats arabes unis, de l’Éthiopie, de l’Iran en 2024, de l’Indonésie en 2025 amena son nouveau lot de régimes dits autoritaires, c’est-à-dire où la répression est le mode de gouvernement. Lors de la dernière réunion, début juillet, ces pays ont déclaré « accueillir comme partenaires des BRICS » : « la République de Biélorussie, l’État plurinational de Bolivie, la République du Kazakhstan, la République de Cuba, la République fédérale du Nigeria, la Malaisie, le Royaume de Thaïlande, la République socialiste du Vietnam, la République d’Ouganda et la République d’Ouzbékistan ».
Sans surprise, cela donne des prises de positions d’un campisme effréné. Ainsi, lorsque les BRICS se sont réunis à Rio de Janeiro ces derniers jours, à l’invitation de Lula, cela donne « Nous condamnons fermement les attaques contre les ponts et les infrastructures ferroviaires visant délibérément des civils dans les régions de Briansk, Koursk et Voronej de la Fédération de Russie les 31 mai, 1er et 5 juin 2025, qui ont fait de nombreuses victimes civiles, dont des enfants ». Et pas un mot sur les attaques massives russes contre de nombreuses villes ukrainiennes, ni sur l’occupation du territoire ukrainien et l’agression militaire russe.
[1] South Africa en anglais, d’où l’acronyme BRICS.


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