Culture.

PArce qu’on ne peut pas s’émanciper sans aile !


Et la Culture, Bordel !!!

Malgré les dénégations de la ministre de la culture, le budget de son ministère – bien que stable par rapport à 2024 (4,63 milliards €, hors audiovisuel public) – est très nettement insuffisant pour répondre aux ambitions d’une véritable politique culturelle. Pour atteindre le 1% du PIB comme le défend le programme du NFP, il faudrait que le budget passe de 4,63 milliards à 29,2 milliards ! Dans la même veine, un certain nombre de régions (notamment Pays de la Loire et Auvergne-Rhône-Alpes), dirigées par des élus très à droite, ont aussi réduit leur budget culture de plusieurs dizaines voire centaines de millions d’euros. Deux mots reviennent souvent lorsque l’on aborde les politiques culturelles : utile et essentiel. Mais qu’est-ce qui est utile et essentiel et qui décide de ce qui est utile et essentiel ? Si nous étions dans une société autogestionnaire dégagée du carcan néolibéral, l’essentiel résulterait de l’échange des points de vue. Mais le gouvernement a décidé d’aller s’embourber dans les pas de l’extrême-droite à partir de critères très contestables, car les choix qui se sont imposés pour le budget 2025 ont repris l’antienne de la droite la plus réactionnaire qui mène contre la culture une guerre sans merci. Quelques milliardaires s’approprient les grandes maisons d’édition, ils s’approprient les grands médias (journaux, TV) pour formater l’opinion publique et permettre l’accession de l’extrême-droite au sommet du pouvoir.  Or, nous considérons, ici, que la Culture est un outil formidable pour notre émancipation individuelle et collective.

La pandémie en 2020 nous a obligés à nous interroger sur ce qui était essentiel et ce qui ne l’était pas. Nous pourrions affirmer que ce qui est essentiel, c’est la bonne santé physique et mentale, l’éducation, la culture, les relations sociales, le travail, la mobilité. Le confinement a eu le mérite de déconfiner les imaginaires et de s’interroger sur nos vrais besoins. Comment produire du commun dans un univers voué à la surconsommation (black Friday) pour satisfaire les actionnaires des grandes multinationales ? Comment produire du commun quand on demande aux libraires de passer sous les fourches caudines des multinationales de l’édition : fermer boutique et inciter les gens à commander sur Amazon. On peut affirmer sans ambages que la culture est essentielle alors que les gros actionnaires n’ont aucune utilité sociale. Ce sont des prédateurs sans vergogne. La culture dans son acception la plus large est essentielle pour relier les Hommes entre eux. C’est à la base de toute société humaine depuis la grotte Chauvet jusqu’à nos jours. Aujourd’hui des musées comme le Louvre et les théâtres dans leur ensemble sont menacés dans leur fonctionnement même. Alors construisons ici et maintenant la société que nous voulons : produire du commun, permettre à nos imaginaires de donner du sens à notre vie, à notre travail, à nos amours, à nos relations sociales. Comme disait Gramsci « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. »

Daniel Rome

Partager sur :         
Retour en haut