Editorial

Ukraine

Le dossier de décembre avait pour titre Nouvelles guerres, quelle alternative ? . La situation en Ukraine y fait écho, tragiquement. A la veille du 24 février, Henri Mermé et Jean-Paul Bruckert esquissaient quelques réflexions. Ce jour-là, l’armée russe a envahi le territoire ukrainien, le régime dictatorial de Poutine ayant décidé la guerre. Celui-ci réprime férocement celles et ceux qui, en Russie, expriment leurs désaccords avec cette politique impérialiste.

Les peuples d’Ukraine sont directement touchés par la guerre et ses effroyables conséquences. Disposer des moyens pour résister est, pour eux, une nécessité vitale. Soutenir les millions de personnes condamnées à l’exil en est une autre. Faisons-le à partir de nos réalités, nos actions, ici et maintenant. Ce sera plus utile que de multiplier les déclarations conclues par un appel aux gouvernements, à l’Union européenne ou autre institution organisatrice de l’ordre capitaliste au cœur de la situation actuelle. Si la guerre en Ukraine est une catastrophe, ce n’est pas la seule guerre dans le monde ! Condamner l’impérialisme russe et ses soutiens, exiger la dissolution de l’OTSC[1], n’oblige ni à taire les responsabilités des impérialistes états-uniens  ou européens dans bien des régions du monde, ni à oublier l’exigence de dissolution de l’OTAN dont les dirigeants cherchent depuis des années à étendre leur zone vers l’est (Ukraine comprise). Ainsi nous ne devons pas chercher d’excuses à Poutine et autres oligarques de l’État russe. Cela n’empêche ni la critique du pouvoir ukrainien, ni la dénonciation des fascistes en Ukraine !

Affirmons nos positions anti-impérialistes, décoloniales, fédéralistes, pacifistes, antifascistes. D’autant plus que le confusionnisme joue à plein, sans parler des campistes, pour qui tout ce qui s’oppose à l’ennemi principal est bon. Et après ?  Dans une perspective émancipatrice, à quoi servent les incantations adressées à Macron, à l’UE ou même à l’ONU ? N’est-il pas plus utile de faire que de commenter ? Faire pour les réfugié∙es. Faire, par la construction de collectifs unitaires pour qu’une voix populaire de masse s’exprime en solidarité avec les peuples confrontés à la guerre. Faire, en menant les débats dans nos organisations, à commencer par les syndicats, sur la question des ventes d’armes, mais aussi de leur production et donc de la reconversion. Faire, en organisant nous-mêmes des initiatives, par exemple une marche européenne solidaire vers la frontière ukrainienne. Faire, en donnant de l’écho aux actions et positions de celles et ceux qui résistent en Ukraine, Russie, Biélorussie. Et plein d’autres choses encore.

Christian Mahieux


[1]    L’Organisation du traité de sécurité collective organisation à vocation politico-militaire fondée en 2002 regroupant l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Russie, et le Tadjikistan

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