Editorial

L’école de la défiance

Nuits des écoles, grèves, forum sur les places publiques, écoles mortes, manifestation à Paris le 18 mai, le mouvement contre les réformes au sein de l’éducation nationale se développe. Avec les Gilets Jaunes, c’est une grosse épine dans le pied du gouvernement. La réaction ne s’est pas fait attendre.

Collège République à Bobigny, trois enseignant.e.s mobilisé.e.s contre la réforme Blanquer sont sous le coup d’une procédure disciplinaire.  A Lodève, un directeur d’école s’exprime sur une radio régionale et dit son opposition à la création des établissements de savoirs fondamentaux qui regrouperaient un collège et plusieurs écoles. Il est convoqué à l’Inspection académique et reçoit une lettre d’admonestation. Au Havre, c’est une directrice d’école qui est menacée de mutation forcée. Ce sont là les cas les plus emblématiques mais les menaces à peine voilées contre celles et ceux qui se mobilisent contre la loi Blanquer se multiplient.

Les enseignant.e.s doivent la fermer !

Drôle de conception du statut des enseignant.e.s dont l’une des tâches consiste à former les élèves à l’esprit critique. Ainsi le gouvernement anticipe l’article 1 du projet de loi « L’école de la confiance » piloté par Blanquer, lequel définit le devoir d’exemplarité des enseignants. Au-delà de l’article 1 c’est toute la loi Blanquer qui est empreinte du retour à l’ordre. « La loi renforce l’autorité du ministère sur la direction des Inspe[1], sur la réforme territoriale, sur l’évaluation de la politique scolaire empêchant tout bilan objectif etc. Il faut que le ministre contrôle tout, nomme tout le monde et finalement s’évalue lui-même. La confiance, pour JM Blanquer, c’est l’obéissance et cela jusque dans les détails. Tout doit céder au ministre. » [2]

Dans une lettre ouverte à Macron, las de ne pouvoir se faire entendre, les Stylos Rouges appellent à boycotter tous les examens nationaux de toutes les façons possibles (grève des surveillances et des corrections, notes maximales à toutes les copies). Sud Éducation pousse dans le même sens. De leur coté, les syndicats de la FSU consultent leurs adhérents.

Stylos rouges, Gilets jaunes, la désobéissance et la subversion comme mode d’action pour gagner est au programme.

L’avenir proche nous dira si les désobéissants de l’éducation iront jusqu’au bout de leurs intentions, mais la recherche d’efficacité dans les luttes devient incontournable.

Sylvie Larue


[1]    Nouvelle appellation des instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation.

[2]    François Jarraud in Le café pédagogique

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