Bertrand Ventau, président national de la CR (Coordination Rurale) comparaissait devant le tribunal d’Auch le 3 septembre pour provocation publique, non suivie d’effet, à commettre un crime ou un délit pour ses propos : « Les écolos, la décroissance, veulent nous crever, nous devons leur faire la peau ». La CR a donc appelé nationalement à soutenir son président et à venir manifester sur les allées d’Étigny devant le tribunal.
C’était sans compter sur les résistants associatifs et syndicaux (Confédération Paysanne, Sud, Fsu,) venus accompagner les plaignants : France Nature environnement, les Amis de la Terre du Gers, Génération future pour clamer haut et fort : « les paysans et paysannes ne sont pas les victimes des écologistes mais bien de l’agro-industrie, du libre-échange, des pratiques intensives qui détruisent le climat et nos communs ; eau, sols, biodiversité et notre santé ».
Plusieurs parlementaires (Benoît Biteau, Sylvie Ferrer, Julie Ozenne et Christine Arrighi ont rejoint la mobilisation place de la libération.
Après de très belles prises de paroles sensées, apaisantes, constructives pour un avenir durable, sous la banderole commune Écolos, Paysans, même combat, une délégation s’est avancée vers le tribunal, escortée (à sa demande) par des policiers et CRS.
C’est à coup de jets d’œufs pourris, de pétards et d’insultes que les plaignants et leurs soutiens ont réussi à pénétrer dans les murs salis du palais de justice. Le président du tribunal exprimera son exaspération face à ces actes d’intimidations et saluera le courage des victimes : plaignantes et parties civiles.
Cette violence et les tentatives d’agression physiques se sont exacerbées à la sortie du tribunal après que la justice ait requis une amende de 30 000 euros et un sursis. Les militants CR présents ont mis à exécution les menaces verbales de leur dirigeant en hurlant et en se ruant vers les soutiens dans un brouhaha de pétards de propos agressifs (on va te crever!), sexistes (pute, salope…) malgré la présence policière et une compagnie de CRS incapable de prévenir et de protéger les « écolos » de ces actions.
Personne ne doit être agressé pour se rendre au tribunal, c’est une atteinte aux libertés publiques, à la démocratie et à toutes les valeurs républicaines. Les associations, les syndicats et toutes les victimes de ce jour noir au cœur du Gers vont porter plaintes et demander des comptes sur la défaillance de leur protection.
Dans les champs du Gers il n’y aura pas de silence, ni de noms d’oiseaux mais des chants du vivant. Des paysans et paysannes continueront à résister au modèle mortifère de l’agro chimie par des pratiques agro écologiques en protégeant la santé de l’environnement et celle de tous les citoyens et citoyennes.
Sylvie Colas Confédération Paysanne 32


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