” Il est trop tard pour être pessimiste.” D. Tanuro / ” Au commencement était l’acto.” F. Engels
Cet été n’est pas un épisode météorologique ” hors norme “, mais une répétition de la ” nouvelle norme ” dû au dérèglement climatique aux effets sociaux, écologiques et économiques toujours plus catastrophiques ! La longue surdité aux alertes scientifiques et citoyennes a des conséquences désastreuses pour nous et bientôt irréversibles pour les générations futures !
L’inaction climatique a des causes accablantes. Impotence étatique, incurie politique, insouciance sociétale, inconséquence générationnelle, et dénis des réactionnaires nous rendent toujours plus fragiles, vulnérables, et condamnent le futur. Productivisme, consumérisme, marchandisation, accumulation de profits et de rentes, pollutions et carbonations massives, extractions et exploitations systémiques effrénées produisent les métropoles invivables, les villes étouffantes et inondables, les campagnes désertifiées, l’insécurité alimentaire, l’extinction de la biodiversité, et bouleversent tous les milieux naturels indispensables à la vie. Sans une révolution écologique et économique, sociale et sociétale, politique et culturelle, le capitalisme mortifère, les privilèges des prédateurs climatiques, les logiques explosive des dominations et inégalités rendront notre monde inhabitable, sans échappatoire, nul refuge pour personne, aucun havre d’entre-soi.
La (re)structuration des territoires c’est du temps long. Tarder la rendra plus compliquée, douloureuse, et un jour impossible. Nous pouvons, encore, bifurquer vers d’autres manières de faire société et monde ensemble. Pas de recette miracle pour inventer notre futur, mais une décolonisation radicale de nos imaginaires et pratiques. Pas de retour possible vers un passé idéalisé : hier préindustriel, avant-hier précolonial, avant-avant-hier précapitaliste… ne peuvent répondre aux besoins et aspirations de plus de 8 milliards de terrestres! Demain c’est des déjà-là éprouvés à améliorer, des déjà-là néfastes à démanteler, et un foisonnement d’expérimentations à évaluer et faire évoluer en permanence.
Les matrices de solutions contextuelles soucieuses des singularités géophysiques, bioclimatiques, écosystémiques et socio-historiques doivent orienter toute mobilisation, toute politique, l’intégralité du budget national et l’ensemble des interrelations du local au mondial. Pas de vivre ensemble sans préservation, soin, consolidation des (biens) communs, et donc sans souveraineté raisonnable et partagée des ressources finies. La biorégion c’est une refondation citoyenne des territoires, une façon inédite de les penser, ménager, p/réparer et régénérer, source d’intelligence collective et d’agir en commun. Une symbiose entre les humains, les vivants, la nature, avec les ressources renouvelables et des modes d’habiter, de vie, d’activité, de déplacement tout autres. Autonomies et coopérations devront organiser coévolutions et codéveloppements solidaires à toutes les échelles assurant une sécurité existentielle et subsistantielle pour tout-e-s. C’est un sol socle du vivant avant d’être un foncier fonctionnel, un cycle et les usages de l’eau reconsidérés, des productions, constructions, aménagements décarbonés et sobres, pour réduire drastiquement l’empreinte écologique, raisonner en cohérence et coût globaux inclusifs de toutes les ” externalités “, et supprimer la fracture de la dette sociale-écologique des territoires bien servis des dominants (métropoles, centres, Nord global) envers les territoires servants des dominés (campagnes, banlieues, Sud global). Ce sont aussi des artefacts vertueux pour chacun/e. L’indispensable neuf de haute qualité au diapason des enjeux vitaux sera peu impactant. 80% des artefacts territoriaux de 2050 existent d’ores et déjà! C’est le défi inouï de l’existant : démétropoliser un territoire mutilé par les entassements et éparpillements, désurbaniser les villes (perméabilisations, îlots de fraicheur…), repenser les réseaux d’infrastructures (routières, ferroviaires, fluviales, maritimes, aériennes, logistiques, énergétiques, télématiques…), et adapter tout le patrimoine qui nous constitue : bâti (l’impérative suppression des bouilloires dans le respect des architectures…) et paysager (anticiper, accompagner et conforter les évolutions faunistiques, floristiques et agroécologiques…).
Les décisions politiques font défaut par manque de luttes pour les imposer! Il est vital d’arracher le futur des mains des irresponsables pour sauvegarder un avenir habitable ensemble : vertueux, émancipateur, désirable et soutenable !
Makan Rafatdjou



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