Délicieux.

Articles courts à déguster à tout moment.

Une unique lueur

Cette dernière livraison de Fred Vargas conserve précieusement le climat qui préside à ses narrations. On y retrouve avec plaisir le commissaire Adamsberg et son équipe, leurs manies et leur psychologie. On retrouve aussi, dans Paris, les niveaux temporels chers à l’archéologue et son jeu entre des échos historiques de différentes dimensions.  

L’intrigue en déroule une première autour de Laureen Bacall et d’Humphrey Bogart. Leur idylle nous fait faire une incursion en Californie, moins pour se dépayser que pour élargir le suspense… et ses origines (?). Tout en partageant quelques savoirs et manières de faire de l’orfèvrerie « haut de gamme ». 

Une deuxième trame, qu’utilise souvent Vargas, est tissée autour la méthode d’enquête du commissaire, les intuitions de son équipe, la procédure et les méandres dont plus d’une fois on s’interroge sur leur issue. 

En troisième lieu, c’est aux féminicides qu’est consacrée cette enquête. Le déroulé nous confronte aux dérives d’un amoureux putatif, d’une frustration névrotique de la domination masculine. Ce livre n’est certes pas un traité de criminologie ou une thèse sociologique. Mais c’est avec justesse et une certaine finesse que plusieurs déviances criminelles qui portent les féminicides sont ici pointées.

La chute ne plaira pas aux syndicats policiers. Tant pis !   

Cette lecture, copieuse, est agréable.

Patrick Vassallo 

Une unique lueur, Fred Vargas, Flammarion, avril 2026, 528 pages, 23€, e-book 15,99 €

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