Été 2026, on ne va pas perdre de temps sur le constat : après une deuxième quinzaine de juin où élèves et enseignant·es ont vécu des cours à plus de 40 degrés pendant plusieurs jours, aucun personnel de l’Éducation nationale ne peut encore aujourd’hui considérer que l’écologie n’est pas un sujet majeur.
Le Snep-FSU (syndicat majoritaire des enseignant·es d’EPS) est un syndicat de transformation sociale, pas d’accompagnement. Concrètement, en matière d’écologie, cela veut déjà dire, pour les équipes éducatives sur le terrain, refuser tout ce qui a à voir avec du greenwashing, pratique phare de l’État en matière d’écologie – à laquelle l’école, en tant que structure, n’échappe pas puisqu’elle s’ancre dans une culture bourgeoise où il n’est pas souvent question de bousculer l’ordre établi. Par exemple, ne plus participer aux opérations ramassage de déchets auxquelles on inscrit encore parfois des élèves (de surcroît souvent issu·es des quartiers populaires) et par le biais desquelles on continue de leur faire croire que recycler est la solution alors que c’est un mythe qui masque la réalité de la crise environnementale et perpétue le modèle de la surconsommation.
Au Snep 35, nous avons décidé il y a trois ans de créer un groupe écologie, avec des temps de travail dédiés trois fois dans l’année, pour réfléchir collectivement sur ces questions à travers différentes thématiques : les équipements sportifs (à travers le « gymnascore », outil créé par le Snep Bretagne pour faire un état des lieux des équipements et faire prendre conscience de la nécessité d’engager des transitions écologiques massives pour réduire l’empreinte carbone de ces infrastructures), le bâti scolaire et l’alimentation dans les établissements (en lien avec des organismes comme Agrobio 35), les contenus de l’éducation à l’environnement, le choix des activités proposées aux élèves lors de séjours sportifs. Sur ce dernier point, nous avons proposé à nos collègues des stages syndicaux de quatre jours sur la thématique de l’itinérance, de l’autonomie et de l’approche sensible de l’environnement avec comme objectif de pouvoir réaliser ce genre de projets avec nos élèves. A la suite de ces stages, trois établissements ont mis en place un séjour à faible coût écologique et économique : une itinérance vélo, kayak et randonnée le long de la Vilaine entre Pont-Réan et Guipry-Messac, au départ de Rennes en bus avec un retour en train, en mangeant des repas végétariens préparés par les élèves, en dormant en camping avec du matériel prêté par l’UNSS 35 et l’Aroeven et en favorisant au maximum le prêt entre élèves pour que personne ne soit obligé·e d’acheter quoi que ce soit.
Au-delà du Snep, il nous a semblé important de nous inscrire dans une dynamique plus large et nous avons intégré l’intersyndicale écologie 35 constituée principalement de la FSU, de Solidaires, de la CNT et de la Confédération paysanne. On tâtonne mais on a envie de faire des liens entre nos syndicats : en juin 2025, on a créé un petit festival sur le site de la ferme en cavale à Vezin-le-Coquet. Une soirée conférence gesticulée sur le thème de l’écologie et de la lutte des classes et une journée tables rondes sur la sécurité sociale de l’alimentation et la place de l’élevage dans les systèmes agricoles. Des personnels de l’Éducation nationale et des paysan·nes réuni·es : on cherche à faire des ponts et puis tout simplement déjà à se rencontrer. En ayant en tête que la mise en lien des luttes locales sera peut-être le terreau des transformations radicales de demain.
Laurie Fontaine, Snep-FSU 35



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