Le monde semble en état de guerre permanent entrecoupé de périodes froides et chaudes où s’expriment les ambitions de domination des plus forts. Les budgets militaires des États sont les seuls à augmenter dans des proportions conséquentes au détriment des investissements sociaux et écologiques. Les interventions militaires de Trump sont souvent jugées incohérentes. Pourtant la multiplication des conflits est la manifestation logique de la fuite en avant d’un système aux abois et d’un changement de paradigme géopolitique qui met en péril les peuples et la planète.
La guerre c’est la paix sociale pour les dictateurs. Trump prétendait libérer les Iraniens de leurs tyrans mais le changement de régime n’est pas sa priorité comme au Venezuela. Il s’accommode fort bien de ces autocrates à qui la guerre permet de s’attaquer aux droits de leurs peuples et à la démocratie.
La guerre permet de mettre sous tutelle des États et de contrôler de leurs ressources énergétiques. Le sabotage en 2022 des gazoducs reliant la Russie à l’Allemagne et le blocage du détroit d’Ormuz marquent la désorganisation du système énergétique mondial. Les « fauteurs de guerre » cherchent à réorganiser à leur profit les chaînes d’approvisionnement énergétiques. Les sanctions contre la Russie, le Venezuela et l’Iran ont comme principal objectif d’empêcher ces pays de vendre librement leur gaz et leur pétrole et de commercer notamment avec la Chine.
« Nous devons vendre de l’énergie à nos alliés pour qu’ils n’aient pas à s’en procurer auprès de nos adversaires » déclarait un émissaire de Trump au Japon dans le cadre d’un accord énergétique. Pour booster la demande en énergie fossiles les mêmes freinent délibérément le développement des énergies renouvelables.
L’Iran et les pays du golfe comptent parmi les principaux exportateurs de gaz et de pétrole notamment vers la Chine et l’Asie. Le Venezuela possède environ 20 % des réserves mondiales de pétrole dont le contrôle rapportera gros aux Etats-Unis. Le Groenland, convoité par Trump, dispose d’abondantes ressources en pétrole, gaz, minerais, terres rares, métaux qui permettraient à Washington de sécuriser ses approvisionnements et d’être moins dépendants de la Chine.
Grace à la guerre certains réalisent d’immenses profits.
Les profiteurs de guerre réalisent des profits sur la fabrication des armes, leur perfectionnement technologique, la reconstruction des pays vaincus et la raréfaction organisée des matières premières, menaçant l’accès à l’énergie et la sécurité alimentaire des populations. Au mépris du droit international, ils interviennent par la force niant aux peuples le droit à disposer d’eux -même et de leurs ressources. Ils surexploitent les ressources naturelles et menace le climat. L’IA accélère cette fuite en avant : L’entreprise Open IA, à elle seule, mobilise plus de ressources énergétiques qu’il n’en a été nécessaire au XXe siècle pour aller sur la Lune(1).
Face à ce jeu de massacre, les peuples ne sont pas de simples spectateurs et peuvent agir pour des solutions durables :
- Développer des coopérations multilatérales pour la régulation des conflits et une répartition équitable des ressources énergétiques.
- Adopter des solutions privilégiant la sobriété énergétique, la sortie des énergies fossiles et le développement des énergies renouvelables.
- Faire contribuer les ultra-riches au financement de la transition énergétique et des politiques sociales.
- Sortir l’énergie du tout marché et la socialiser afin que les habitants et les collectivités en profitent.
Josiane Zarka
1. Karen Hao, Empire of IA Penguin 2025

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