Délicieux.

Articles courts à déguster à tout moment.

Un jour sans femme

Laëtitia Colombani part d’un constat : partout dans le monde, le sort des femmes est inacceptable. 

« A l’heure où j’écris, dit-elle, une femme est assassinée toutes les dix minutes dans le monde (…). Une petite fille est excisée toutes les quinze secondes. Des peines de 30 à 50 ans d’enfermement sont appliquées au Salvador et dans d’autres pays en cas de fausse couche ou d’avortement ».

Et elle pose la question : « Jusqu’à quand » ? 

Enfin un livre qui rompt avec les traditions dystopiques. Pas de monde postapocalyptique. Laetitia Colombani renoue avec un genre un peu oublié : l’utopie. Et elle prend appui sur la réalité pour imaginer quatre personnages, quatre voix venues des quatre points du monde : Katla en Islande, Michiko au Japon, Ana Maria au Salvador et Hawa au Sénégal. Quatre femmes dont les destins sont liés par les enjeux de domination.

Et comme dans La tresse, leurs combats finiront par se rejoindre sans qu’elles ne se soient jamais croisées. Les thématiques sont documentées, parfois un peu didactiques, mais voilà une lecture qui ne peut laisser ni indifférent, ni indemne. Car Un jour sans femme devrait être offert à tous nos enfants, nos filles comme nos fils. Pas de verbiage, pas de grands mots, un style fluide et accessible. Juste un regard qui incite à se décentrer. Et peut-être – qui sait ? – à se battre pour tout changer…

Alexandra Pichardie

Un jour sans femme, Laëtitia Colombani,  L’iconoclaste, 2026, 391 pages, 20,90 €

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