De manière fort discrète, les grands groupes capitalistes viennent de racheter une part de -tenez-vous bien ! : leurs propres actions. Ils se sont versé 34.8 Milliards pour casser leur propre capital. Une histoire de fous ? Non ? Le vieux Marx serait là il nous rappellerait ce qu’il désignait comme étant « la baisse tendancielle du taux de profit ». Plus le capital se gonfle et proportionnellement moins le taux de profit des capitaux investis est important. Vient un moment où la folle logique de l’accumulation rend moins intéressant le rendement financier. Pour rehausser la valeur des dividendes versés aux énormes actionnaires les entreprises rachètent leurs propres actions c’est-à-dire font disparaitre du capital . Moins d’actionnaires pour le même capital est un moyen d’augmenter artificiellement le cours des actions et les dividendes versés à ceux qui restent. C’est déjà arrivé : les deux guerres mondiales ont de fait été des moments de destruction de moyens de production et leur contrepartie de capital en capital. La reconstruction qui avait suivi a relancé la machine. De même, les destructions matérielles que l’occident avait fait subir à l’Irak avait relancé la dite machine.
Cette logique de destruction guerrière est de nouveau à l’œuvre. Mais là problème : cette fois l’ampleur des investissements nécessaires à l’économie, la crainte de voir les exigences de justice sociale, de démocratie, la protection de l’environnement éloignent toute perspective de développement et réduit le champ de ce qui sera reconstruit. La guerre risque de ne pas promettre un rebond ultérieur suffisant. Même l’IA ne semble pas être une perspective suffisamment prometteuse poursauver la rentabilité du capital. Les très gros capitalistes se réapproprient du capital de leurs entreprises pour financer l’absorption des seulement gros et récupérer ainsi ce qui les intéressent (clients, brevets, technologies…), détruisant du capital productif qui ne les intéressent pas ».
C’est un formidable constat de fin de parcours.
Il explique les contorsions de Trump à Davos : ne les prenons pas pour autre chose que l’expression de l’impasse dans lequel est le système .
Qu’est-ce que cela implique ? Si pour les capitalistes eux-mêmes leur avenir leur paraît problématique, alors les forces de progrès n’ont-elles pas devant elles un double défi ? Mieux prendre en compte à quel point tout objectif de justice, de démocratie de défense de l’environnement n’a de réponse que dans la mise en cause immédiate du capitalisme et mieux prendre en compte que notre devenir est dans la constitution d’un mouvement populaire d’un nouveau type.
Pierre Zarka


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