A l’heure où l’édition et la vente d’albums de photographies -et de BD- se porte mal, on vend peu ; des librairies ferment. Voici 71 photographies de grande qualité. Beaucoup de portraits, d’une belle profondeur. Du noir et blanc comme on apprécie dans la photo. Où le regard et les lignes vous accrochent la vue.
L’auteur est ancré dans l’est charentais. Il y sent la ville de ce pays rural. Entre ouvriers et paysans, les temps de vies populaires saisies, même quand elles sont sollicitées. Les cousines ; le coup de main à la ferme….
Ces instants d’adolescence et de jeunesse sont d’une douce compagnie. Un retour tranquille.
Par « paquets », ces photographies sont légendées et datées. Comme des friandises délicatement proposées au gourmet (et à la gourmette). Dans une sobriété de fort bon aloi.
L’ouvrage se conclut par un entretien croisé de l’auteur avec deux sociologues. Un éclairage utile du propos et des images. Une mise en contexte dynamique.
Le jeune photographe Cédric Calandraud signe là un ouvrage qu’on appréciera en particulier dans nos étrennes de fin d’année ; et chaque fois que l’œil aura l’envie de se poser sur une morceau de société.
Patrick Vassallo
Le reste du monde n’existe pas, Cédric Calandraud, Loco éditions, 2025, 150 p., 45€

A lire également
Les invisibles
« Retour à Heillange »
Monsieur