Délicieux.

Articles courts à déguster à tout moment.

De l’agir sur à l’agir avec

Anne Salmon (qui nous a quitté au début de l’été) et Jean-Louis Laville signent ici une œuvre remarquable qui inventorie enjeux socio-écologiques, met en exergue l’association des savoirs et valorise les recherches participatives. A partir d’un retour historique sur la construction de la valeur « science », depuis la République de Platon puis ce mirage d’une neutralité scientifique incontestable, les auteurs déconstruisent l’instrumentalisation de la Science. Face à une telle « objectivation », l’émancipation passe par un ‘agir avec’ des sujets actifs. On saluera la démonstration qui parcourt ce livre : (une certaine conception de) la science est utilisée au service des dominations, non seulement par la « doxa » véhiculée mais aussi par les mécanismes même de son rapport à la société.

Ce plaidoyer pour en finir avec la domination sur la nature, donc sur le vivant, très documenté, alterne critiques, retour aux sources marxiennes, décorticage de thèses, le plus souvent d’usage fréquent ; le rapport du savant à l’acteur est trop un angle mort de l’action publique, sociologique, politique ou du travail social pour qu’on n’en salue pas cette pertinence.

Le concept de « démocratie créative » stimule notre désir d’un renouveau des pratiques d’auto organisation, dont la dynamique actuelle est ici présentée.

Sortir des dichotomies et binarités qui renforcent et justifient les dominations, casser l’absolutisme de la Raison, et la partition sujet/objet rappellent que la société est un tout.

Cet ouvrage est un régal, utile pour nos militances.

Patrick Vassallo

Anne Salmon, Jean-Louis Laville, de l’agir sur à l’agir avec, Éditions érés, 2025, 286 p., 15€

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